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L'explosion du web content management

Un point sur le logiciel libre

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De chez Cooper.com (peut être la meilleure newsletter du monde du web), "goal directed content management ", comment introduire un CMS en pensant d'abord à vos clients.

Chez les australiens de Steptwo-Design, quelques excellents articles sur l'introduction de CMS pour projets inter ou intranet . A dévorer d'urgence.

David Walker pense lui aussi que l'avenir des "consultingwares" à plusieurs centaines de milliers de dollars (australiens ?) est compté .

Content management : promesses et réalité

page créée le: 13/10/2002
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Résumé: Les clients qui ont déployé des "gros" logiciels de CMS ont connu des fortunes diverses. Promesses, difficultés et chausses-trappes de ces solutions sont évoquées ici, ainsi que quelques pistes pour éviter les désagréments.  

Content Management, des logiciels encore très imparfaits...

Il y a un an, j'évoquais l'explosion des projets Inter, Intra ou Extranet bâtis autour de systèmes de "Content Management" (souvent appelés CMS dans la littérature anglo saxonne), et je soulignais le potentiel élevé de cette famille de logiciels tout en pointant certaines difficultés de mise en œuvre.

Aujourd'hui, le niveau de satisfaction des acheteurs vis à vis de ce type de produit est très variable selon les organisations. Avant de voir pour quelles raisons le bilan du déploiement de ces outils est plus que mitigé, rappelons en quelques lignes ce que fait un CMS.

Le CMS : Quoi ? Pourquoi ?

Un site web, en bref - Schématiquement, un site web est constitué d'une page d'accueil, de pages de "contenus" au sens large (un service interactif est un contenu), et, entre les deux, le plus souvent, de pages de navigation intermédiaire : index alphabétiques, sommaires de rubriques, plans de sites, archives chronologiques...

Dans un site fait à l'ancienne (avec des logiciels de type Frontpage), le webmestre, à partir d'un ou deux modèles de pages, créée une page de contenu, essaie de la ranger dans un dossier créé "à la main" et dont le nombre généralement croissant prête à confusion, et sur chaque sommaire intermédiaire, ainsi que la page d'accueil, va manuellement créer des liens. En outre, il peut créer des liens entre cette page et d'autres pages du site, et lorsqu'il supprime une page, il doit contrôler tous les liens amont et les supprimer. Fastidieux, pénible, et difficile à déconcentrer.

Ce que fait un CMS - Un CMS va ranger chaque page dans une base de données en séparant le contenu, le gabarit de page avec lequel il faut fusionner ce contenu (le "template") et des données de gestion ("méta données"), comme la rubrique, l'auteur, etc... qui vont permettre au CMS, programmé par un Webmestre convenablement formé, de générer automatiquement les pages de sommaire nécessaires, ainsi que la mise à jour éventuelle de la page d'accueil, à chaque fois qu'une page ("entrée") sera créée, modifiée, ou supprimée.

Dans cette approche, une personne ne connaissant rien de plus que la manipulation d'un traitement de texte peut, à travers une interface théoriquement simple (notez la réserve...), se concentrer sur la création de son contenu et sa classification, le CMS fait le reste (mise en page, navigation amont, référencement auprès du moteur de recherche interne du site, etc...). Aussi de nombreuses personnes peuvent-elles contribuer au site, limitant la charge de travail sur chacune d'elle. Ces outils garantissent en outre un look et une navigation rigoureusement homogènes tout au long d'un site, ce qui améliore l'expérience utilisateur.

Dans l'idéal, un bon CMS devrait donc considérablement simplifier la maintenance et l'entretien d'un site, tout en augmentant sa qualité et en réduisant ses coûts de production. Mais la pratique est souvent moins proche que prévu de cet idéal. Voyons pourquoi.


Les problèmes des logiciels de CMS

Des solutions lourdes - Les produits les plus connus des directions informatiques sont généralement les plus chers. Ces outils (citons Vignette et Interwoven, mais il y en a plusieurs dizaines, une liste non exhaustive se trouve ici), conçus pour des grands comptes, prétendent gérer toutes les situations de publication rencontrées par ce type de clients. Hélas, il en résulte souvent des produits complexes, lourdingues même, nécessitant de nombreux composants sur au moins un serveur de test et un serveur public ("serveur de production"), à savoir une base de données, le CMS lui-même, et souvent un produit intermédiaire appelé serveur d'application qui effectue les traitements complexes au sein de la base des pages.

Ces produits ont pour inconvénient d'être gourmands en ressource, et lorsque les pages sont générées à chaque requête de l'internaute depuis la base de données, le serveur peut vite atteindre la saturation, obligeant à un ajouter un autre, puis un troisième, etc., au fur et à mesure que votre site a du succès.

Des clauses tarifaires inacceptables - Or, les politiques tarifaires officielles (heureusement négociables, le plus souvent) des "gros" vendeurs de CMS auront vite fait de vous mettre financièrement à genoux si vous devez empiler les serveurs: licences facturées au nombre de serveurs, voire au nombre de processeurs dans les serveurs, voire à la puissance des processeurs (On croit rêver !!!), auxquelles l'éditeur ajoute souvent un coût variable en fonction du nombre de personnes qui contribuent au site (parfois 400 Euros, parfois... 1000), faites le calcul pour une société de 10000 personnes dont 10% sont des contributeurs potentiels... Sans parler de la maintenance annuelle.

Une louche de consulting... - Cela ne suffit pas ? La plupart de ces programmes sont tellement complexes à déployer que vous devrez payer une forte somme en conseil (d'où le nom de "consultingware" souvent donné à ce type de logiciel) simplement pour paramétrer l'engin, et commencer à avoir le droit de remplir un squelette de site livré vide.

Certes, des éditeurs plus jeunes tentent de sortir des produits de prix intermédiaires, et le mouvement Open Source commence à créer de bons produits sur ce créneau (citons "Zope &endash; Content Management framework", utilisé dans certains ministères, ou "Spip", utilisé par de nombreux sites associatifs et quelques journaux.).

Des interfaces médiocres - Mais les problèmes ne sont pas que financiers. Pour en avoir testé quelques-uns uns (catégorie "payants et chers..."), j'ai pu me rendre compte que les interfaces utilisateur de ces produits variaient du moyen au désastreux pour le simple producteur d'information, supposé non-spécialiste d'informatique. Notamment, la récupération de documents produits par Office sans normalisation des modèles word (fréquent dans les structures, de plus en plus nombreuses, où les cadres assurent eux même la dactylographie de leurs écrits...) peut être difficile, ce qui est un comble.

Trop de fonctions, pas toujours utiles - Enfin, lorsque le déploiement d'un CMS a été trop pensé en terme de produit, de fonctionnalités, et pas assez en terme de simplification de la tâche pour les personnes contribuant au site, celles ci se trouvent confrontées à des outils (workflows de validation, classement par rubrique incompréhensible, etc...) qui leur compliquent la vie plus qu'il ne la leur simplifient.

Bref, tout n'est pas rose dans le petit monde du CMS. Peut-on espérer que cela s'améliore ?

Du côté des éditeurs

Certains éditeurs ont compris que pour satisfaire leurs clients, ils devaient améliorer l'interface utilisateur et appliquer des tarifs plus sains: soit une licence élevée mais fixe par site, quel que soit le nombre de serveurs et de contributeurs, soit un coût d'installation nul et une licence par contributeur moyennement élevée, et dégressive.

De plus, certains essaient de simplifier leurs produits en supprimant des fonctions certes fortement demandées par leurs premiers clients, mais dont on peut se passer au final.

Peut on supprimer certaines fonctions ?- L'exemple le plus significatif est celui du workflow de validation généralement intégré aux produits de CMS: L'auteur est supposé, une fois son texte terminé, l'envoyer à un de ses chefs pour que celui ci le valide à l'intérieur de l'outil... cela alourdit fortement le processus. Or, dans la plupart des cas, les utilisateurs s'échangent des documents word par mel, et se valident les uns les autres par la même voie, avant que le texte ne soit publié. Dans ces conditions, un workflow est-il nécessaire ? Joel Spolsky, gourou de l'utilisabilité et éditeur du CMS "small business" Citydesk, pense que non, aussi a-t-il enlevé ces outils dans la version de base de son produit. Résultat, un logiciel moins riche des fonctions qui servent le moins, mais avec quatre boutons de base à connaître pour le producteur de contenus.

Un autre exemple est celui des langage de programmation des CMS (celui qui permet d'automatiser la gestion des sommaires). Dans les produits les plus chers, celui ci est souvent dérivé de langages informatiques complets, quant ils n'ont pas tout simplement recours à Java ou Visual Basic. Trop complexe pour bien des webmestres qui ne viennent pas du monde de la programmation. Or des produits comme SPIP ou Citydesk (encore...) ont fait un effort de simplification de leur langage en ne gardant que les fonctions nécessaires à l'édition automatisée de sommaires (une tâche assez simple d'un point de vue informatique), rendant leur programmation accessible à un honnête codeur HTML.

A l'avenir, peut être que l'usage intelligent de technologies comme Flash ou Java permettra de s'affranchir des limitations du navigateur et de créer des interfaces utilisateur vraiment conviviales. Mais les progrès des éditeurs de logiciel seront sans doute plus lents que dans les rêves de tout chef de projet web.

C'est donc à l'acheteur de se prémunir contre les pièges du CMS en négociant finement ses achats, et en adoptant de bonnes démarches de mise en œuvre. Voyons en les grandes lignes.

Du côté des acheteurs

L'un des pièges lors d'une consultation en vue d'acheter un CMS est de vouloir sélectionner à la fois un intégrateur (en général une SSII) et le produit CMS. Cette approche est le plus sur moyen de vous retrouver avec un binôme bancal "bon CMS/Mauvais intégrateur", ou vice-versa. Si vous en avez la possibilité, faites d'abord le choix du produit qui paraîtra le plus adapté à vos besoins, puis choisissez (éventuellement avec l'aide de l'éditeur) un intégrateur compétent sur cette plate-forme.

Le deuxième point à négocier fermement est bien sûr l'aspect financier du CMS. Pour le cas ou la solution que vous retiendriez ne serait pas un logiciel Open Source, vous devez impérativement vous prémunir contre les conséquences financières d'une multiplication imprévue des besoins en serveurs, ou un coût excessif du déploiement au fur et à mesure que vous déconcentrez la production du site.

Pour arriver à ce résultat, une première piste est de sélectionner de préférence des outils qui transforment les pages de type "base de données" sur le serveur de travail en url statique sur le serveur de production à chaque fois que c'est possible, ce qui est souvent le cas, sauf pour les pages résultant d'une requête complexe (résultat de recherche, interrogation directe d'une base de données, panier d'achats). Même si vous avez en base de données 10.000 fiches produit, il vaut mieux générer 10.000 pages statiques, si possible avec une url lisible, sur le serveur de production, que 10.000 assemblages à la demande de pages dynamiques, sauf si les fiches produits sont paramétrables de façon complexe. Ainsi, la charge supportée par le serveur est-elle moindre.

En outre, les clauses du contrat doivent être "bétonnées": S'il vend un produit avec une licence par serveur, le fournisseur doit s'engager sur un nombre maximum de serveurs nécessaires pour servir votre trafic actuel, dans des conditions de temps de réponse bien précisées. Ces besoins maximaux doivent prendre en compte diverses hypothèses de multiplication de votre audimat (après tout, mieux vaut prévoir le succès...). Il doit vous consentir un coût par serveur fortement dégressif, si possible plafonné, et vous devez lui imposer des pénalités en cas de non-respect des performances annoncées.

De surcroît, vous devez éviter que le coût par contributeur ne soit prohibitif. La négociation d'une licence illimitée paraît nécessaire pour les moyennes et grandes entreprises.

Tous ces conseils sont moins pertinents si vous avez la chance qu'une solution Open Source convienne à vos besoins. J'y reviendrais plus loin.

Commencez petit

Si vous êtes un petit acheteur et si vous n'avez pas d'expérience du CMS, vous avez intérêt, sauf urgence maximale, à éviter de commencer par un projet à grande échelle. Je recommande fortement, si vous en avez le temps, de commencer par une expérience limitée avec un outil comme Citydesk (propriétaire, mais assez bon marché et très simple à utiliser), ou comme Spip (interface moins conviviale, mais totalement gratuit), ou Zope-CMF (Logiciel gratuit et beaucoup plus ambitieux que les deux précités, mais nécessitant un intégrateur programmeur sérieux pour démarrer, donc coût total un peu plus cher que pour les deux autres) afin de vous constituer une première expérience de gestion de site pour CMS, et ainsi de sélectionner ultérieurement, si nécessaire, une solution complète en connaissant mieux le sujet. Vous serez ainsi mieux à même de négocier avec vos différents prestataires.

L'open source, futur du CMS ?

Où mettre le budget ? - Imaginons qu'une solution open source (cf. ce lien) vous paraisse "proche" de vos besoins mais encore imparfaite (fonctionnalité importante manquante, interface utilisateur encore "rugueuse" côté production...). Si vous avez un budget important pour votre opération, faut il acheter un poids lourd de type interwoven, broadvision, vignette, ou utiliser ce budget à faire développer le morceau de code manquant à la solution open source que vous avez ciblée ?

N'ayant pas d'expérience de cette approche, je ne puis certifier qu'elle soit meilleure, car l'achat de développement de code spécifique n'est pas toujours une voie facile. Mais imaginez que vous ayez à reproduire votre solution sur plusieurs projets parallèles, ou que vous deviez multiplier les serveurs pour faire face à votre succès... Les logiciels libres représentent alors un avantage financier incontestable.

Le libre, c'est l'avenir du CMS - Selon moi, les progrès des solutions libres rendront très vite (si ce n'est déjà fait) sans intérêt les grosses usines à gaz propriétaires à plusieurs dizaines ou centaines de milliers d'Euros. Seuls des logiciels commerciaux très peu chers, mais qui offriront un avantage déterminant - comme par exemple une interface utilisateur ultra simple, favorisant la productivité de l'équipe web - pourront éventuellement concurrencer les solutions libres, car leur prix de licence ne sera pas déterminant dans le calcul du coût global de possession de la solution.

Le CMS, 1/3 de technique, 2/3 de management

Mesures d'accompagnement - Le déploiement d'un CMS sur une échelle large vous obligera à définir de nombreuses mesures d'accompagnement, comme la définition du rythme et du niveau de déconcentration de la production du site (tout le monde ? Des correspondants du webmestre ?), les formations associées, une procédure de validation et de contrôle préventif de la qualité des contenus compatibles avec votre culture d'entreprise, des catégories et autres typologies de classement de vos contenus à la fois adaptées au langage de votre public et à celui de vos collaborateurs, leur permettant de classer sans peine les pages aux bons endroits.

Sans oublier qu'il vous faudra adapter l'interface de contribution à vos contraintes locales, en supprimant les fonctions inutiles de l'interface utilisateur accessible à vos auteurs. Ceci peut nécessiter un ou deux petits tests d'utilisabilité de votre interface de production.

Enfin, il faudra vous assurer que le site produit procure une bonne expérience utilisateur à ses visiteurs, et donc inclure des tests pendant son cycle de développement.

La démarche managériale autour d'un projet de CMS pouvant à elle seule faire l'objet d'un livre, je m'y attellerai ultérieurement. En attendant, vous pouvez vous reporter aux ressources mentionnées dans les liens associés.

Conclusion

Mettre en œuvre un CMS qui vous satisfera ne peut pas se faire à la légère, tant ces projets se révèlent structurants pour votre activité. Aussi devez-vous soigneusement préparer chacune des étapes d'une telle opération. A cette fin, avant de vous lancer dans un projet d'envergure, recueillez le maximum d'expériences, soit par des tiers, soit grâce à des pré-projets de taille limitée, sous peine de faire face à des "coûts d'essuyage de plâtres" conséquents.  

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