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La
lente et difficile évolution de
Flash
Flash,
des promesses mal exploitées - Les
premières versions de Flash ont
été conçues uniquement comme
des outils permettant de créer des
animations visuelles interactives (voire sonores)
vectorielles, donc légères, sur
Internet. Hélas, cédant à la
mode du "multimédia gratuit", de nombreux
web designers ont utilisé flash comme un
outil permettant de produire des sites "frime" mais
sans aucune valeur ajoutée et à
l'utilisabilité déficiente.
Résultat, cet outil a aujourd'hui
très mauvaise presse auprès de
nombreux décideurs, notamment outre
Atlantique.
Flash
comme outil pour développeur - Conscient
du danger, Macromedia a décidé de
réorienter cette technologie en la
présentant depuis la version 5, et plus
encore pour la version MX (alias 6), comme un outil
de développement d'interfaces post HTML.
Pour avoir assisté à une
présentation assez approfondie, je puis dire
que l'essai semble réussi, et que moyennant
encore quelques améliorations, on peut
espérer rapidement que des applications
disponibles via un navigateur supportent des
interfaces proches de celles que nous connaissons
avec les applications classiques, avec même
certaines améliorations liées aux
propriétés intrinsèques des
éléments visuels vectoriels. Quelques
exemples en démo étaient absolument
bluffants (tableaux réorganisables
instantanément, outil de détourage en
ligne, présentations de simulations
économiques via le web modifiées en
temps réels en fonction de paramètres
changeants...).
Pour
ce faire, Macromedia a mis à disposition des
développeurs des bibliothèques
d'éléments préfabriqués
qui semblent simplifier considérablement la
vie du développeur. Et les versions
suivantes iront encore plus loin, dixit
les dirigeants techniques de la
firme.
Flash
conserve quelques handicaps - Tout d'abord, il
ne gère que l'interface, il doit être
relié à d'autres applications (comme
cold fusion MX, ou tout serveur d'applications
correct) pour que "la plomberie" de l'application
soit développée. De surcroît,
Flash continue d'ignorer certains formats ouverts
du net comme SVG et reste un outil fondamentalement
propriétaire. Mais cela mis à part,
ses potentialités sont
importantes.
Tout
ceci est bien beau, mais pour l'utilisateur,
qu'est-ce que cela peut changer ?
Etudions
ensemble un exemple d'usage limité, pas du
tout spectaculaire, mais intelligent de Flash MX
(visible seulement avec la version 6 du
player).
I-hotelier,
système de réservation
hôtelière sous Flash
I-hotelier.com
commercialise pour des hôtels un
système de réservation de chambres
dont l'interface tient sur une seule page. Voyons
ce que cette interface apporte sur un des clients
de cette firme, un hôtel de luxe dans le
Colorado, the
Broadmoor hotel.
L'interface,
version HTML - L'interface de
réservation antérieure à Flash
6, qui est toujours proposée pour ceux qui
ne disposent pas de la dernière version du
player flash, ou qui ont une liaison Internet
à trop faible débit (nous y
reviendrons), est un process de réservation
en ligne classique divisé en quatre
écrans. La réservation des dates
d'entrées dans les chambres se fait au moyen
de listes déroulantes certes classiques mais
franchement peu avenantes, passer d'une
étape à l'autre induit un changement
de page, le retour en arrière ne perd pas
les informations précédemment saisies
(ouf, programmeurs corrects), et en cas de saisie
de dates ou les chambres sont indisponibles,
l'utilisateur doit opérer quelques allers
retours. Rien de méchant,
l'utilisabilité de l'ensemble est correcte,
mais bon, rien de spécialement avenant.
(voir ci dessous)

figure
1 : L'interface HTML de réservation se
divise en 4 parties
(vérifier la disponibilité et les
prix, choisir, confirmer, payer)
plutot bien conçues, mais du fait des
inconvénients du HTML,
l'ensemble manque de "fluidité".
L'interface
Flash 6 - Elle tient sur un seul écran
800X600, tant horizontalement que verticalement. Et
surtout, l'aptitude de flash à modifier une
partie d'une page sans la recharger
entièrement en fonction de paramètres
saisis sur une autre page est ici parfaitement
utilisée.
(voir ci dessous)

Broadmoor
Hotel, interface de réservation sous Flash 6
.
Tient sur une page, donc pas de rupture cognitive
pour le visiteur
le design des éléments
d'interactivité est adapté à
la fonction
Répartition très claire sur trois
colonnes.
Les
avantages de cette interface sont les suivants:
- L'utilisateur
peut saisir ses dates d'arrivée et de
départ sur le calendrier assez intuitif
figurant en première colonne. Cela change
instantanément l'apparence du calendrier,
aussi l'utilisateur voit-il de façon
claire la plage qu'il a réservée.
Il peut la modifier à loisir au fur et
à mesure qu'il avance dans son
process.
- Dès
qu'il a sélectionné une plage
calendaire, la seconde colonne affiche les types
de chambres pour lesquelles il y a des
disponibilités et uniquement celles
là, avec le prix total du séjour
pour chaque type de Chambre. Pour chaque
chambre, un clic permet de
présélectionner une photo et
même un panorama tournant de la chambre,
permettant une vue d'ensemble de celle
ci.
- Mieux
encore, dès qu'il a
sélectionné l'intérieur qui
lui plait, le client retrouve dans le calendrier
le prix de la chambre nuit par nuit (Ce prix
peut changer en fonction des périodes),
et les dates pour lesquelles aucune chambre de
ce type n'est libre sont clairement
repérables, ce qui évite à
l'utilisateur de sélectionner des jours
supplémentaires
indisponibles.
- La
colonne de droite met à jour en
permanence le montant total qui sera
facturé, et le visiteur, une fois son
choix définitif, n'a plus qu'à
inscrire ses informations de paiement. La
sélection des cartes de crédit
acceptées est particulièrement
instinctive. Cette économie d'espace est
permise par le parfait contrôle que Flash
autorise sur la taille et l'emplacement de
chaque élément de
l'interface.
Cette
interface a sans doute encore quelques
défauts.
- Tout
d'abord, elle est peu utilisable via un simple
modem (197 Ko de téléchargement,
à renouveler partiellement si on change
de mois dans le calendrier) - Mais l'alternative
HTML légère reste accessible...
Enfin, pour qui sait la trouver (une faiblesse
liée au site, pas à
flash).
- Ensuite,
Les caractères sont assez petits et ne
peuvent être agrandis
- Enfin,
je ne suis pas sûr que
l'accessibilité aux handicapés
soit garantie.
- Flash
à travers un navigateur: pour une
application plus complexe, cela risque
d'être lent.
Mais
dans l'optique d'une "prochaine"
amélioration du débit accessible
à l'utilisateur final, et en supposant que
la loi de Moore vienne à bout des questions
de rapidité du matériel d'ici deux ou
trois ans, une telle exploration intelligente des
possibilités de Flash en ligne
s'avère intéressante.
Principaux
enseignements:
L'exemple
ci dessus pourra paraître limité, mais
il touche à une des fonctionnalités
essentielles du commerce en ligne, à savoir
la réservation et le paiement. Aussi est il
particulièrement instructif des
améliorations que l'on peut attendre d'une
utilisation "orientée utilisateur" des
technologies les plus avancées.
- Une
utilisation intelligente du Panel des
technologies à notre disposition permet
d'aller au delà du paradigme "HTML
à la papa et rien d'autre" pour
créer des interfaces
performantes.
- Les
principales aptitudes de Flash en ce domaine
sont le contrôle total du placement et de
l'apparence des différents
éléments d'interface, la
capacité à faire varier des
éléments d'une page en fonction de
saisies directes dans une autre partie de la
page sans délai et sans rechargement. NB.
D'autres applications en ligne auraient mis en
exergue le support du glisser déposer, la
possibilité de réordonner ou de
recalculer des éléments graphiques
de la page, etc...
- Des
contraintes techniques (bande passante,
format propriétaire, habitude des vieux
formulaires ...) obligent à
considérer que la transition vers ces
nouvelles interfaces ne peut être que
progressive, et tous les maîtres d'ouvrage
ne doivent pas par un nouvel effet de mode se
précipiter pour "Flasher" (version MX)
leurs interfaces dès demain.
- Il
est important que les gourous de l'ergonomie web
comme Nielsen (Jared Spool a commencé
cette révolution) abandonnent leurs
positions ultra-orthodoxes (intégristes
?) vis à vis de Flash ou de technologies
similaires (Live Motion, dernières
versions de Java, etc...) et que de
véritables recherches sur le bon
usage des "outils à interactivité
avancée" soient conduites, aboutissant
à de nouvelles règles d'or de
l'utilisabilité des services en ligne de
demain.
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