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a-
Latence, progressivité, déroulement
du chargement
temps
de latence - La "latence" est le temps qui
sépare le clic sur un lien, (ou
sélection d'une adresse dans la barre), et
le début réel du chargement. Si votre
serveur fonctionne bien, et si le réseau
n'est pas encombré, ce temps est faible
voire imperceptible. Mais si une de ces conditions
n'est pas remplie, alors il peut se passer
plusieurs secondes avant que la page "courante"
affichée ne disparaisse pour laisser la
place au début du chargement de la suivante.
La répétition de ce type de temps
d'attente peut être pénible pour
l'utilisateur, qui a l'impression que "le site ne
marche pas". Là, l'ergonomie ne peut rien
pour vous, c'est la performance de votre serveur
qui compte: vérifiez la fréquemment,
et si vous utilisez des technologies dynamiques,
choisissez en une qui ne fatigue pas trop le
serveur (ne me demandez pas laquelle est la
meilleure de ce point de vue, je ne suis pas
suffisamment technicien).
Créez
des pages progressives - Plus importante est la
notion de "progressivité" du chargement:
votre page va-t-elle rester blanche plusieurs
secondes puis apparaître d'un seul coup ? Ou
va-t-elle se remplir petit à petit du haut
vers le bas de la page ? Cet aspect est essentiel :
lorsqu'une page reste "blanche" trop longtemps,
l'utilisateur a tendance à croire que "le
site ne marche pas", et risque d'appuyer soit sur
le bouton retour, soit sur la touche "interrompre
le chargement".
Qu'entendre
par "trop longtemps" ? Là encore, cela
varie d'un utilisateur à l'autre, mais
d'après des observations personnelles, et
conduites dans des conditions insuffisamment
scientifiques, d'où ma prudence, je situe la
fourchette entre 4 et 10 secondes, avec une moyenne
à 6. Il faudrait que des laboratoires
professionnels (exemple: axance ou yuseo, les deux
seuls professionnels sérieux du test que je
connaisse sur paris actuellement, c'est dire si le
marché tarde à décoller...) se
penchent sur la question.
Evitez
le tableau unique - Or trop de sites ont encore
un gabarit de page "non progressif", c'est à
dire enfermé dans un seul grand tableau. Les
navigateurs actuels (au moins netscape4 et IE5,
j'avoue ne pas encore avoir tâté IE6),
lorsqu'ils rencontrent une balise <table>,
attendent de recevoir la contre-balise
</table>, qui indiquent la fin du tableau,
pour en afficher le contenu. Si le contenu de votre
tableau est trop lourd, il risque de se passer de
nombreuses secondes avant que quelque chose
n'apparaisse à l'écran.
Pour
éviter cela, deux solutions:
1-
fractionner vos gabarits de page en plusieurs
tableaux successifs. C'est la méthode
choisie par veblog, cf. Schéma ci
dessous

Un
gabarit de pages en plusieurs tableaux
se chargeant successivement
Ainsi,
très rapidement, l'en tête de page,
le titre et le résumé de l'article
apparaissent, aussi même si je me laisse
aller à des textes très longs sur
une seule page, le haut de l'écran est il
très vite rempli d'informations utiles,
et le temps que l'utilisateur lise cette
information, le bas de la page se sera
chargé.
Pour
que cette tactique fonctionne, il est
préférable que les tableaux de
haut de page soient légers et que donc
les images "frivoles" -i.e. non directement
utiles à l'identification du site ou
à sa navigation - en soient
bannies.
2-
adopter une mise en page partiellement sans
tableaux, ce qui permet d'afficher "en
continu" les longues séquences de texte.
Mais cela limite vos possibilités de mise
en page.
b-
Stabilité de la mise en page pendant le
chargement et utilisabilité de la page
partiellement chargée.
La
plaie : la bougeotte du texte - De nombreux
sites commencent à afficher du texte
rapidement, mais du fait de quelques erreurs de
design, ce texte ne va pas rester en place durant
le chargement des images ou l'application d'une
feuille de style. Résultat, le texte se met
à bouger alors que l'internaute en a
commencé la lecture: horripilant (un exemple
de site particulièrement pénible de
ce point de vue: vnunet-mac).
En
général, il suffit de
spécifier la taille des images contenues
dans la page pour que le problème soit au
moins partiellement résolu: gros
problème, solution facile, si ce pouvait
être toujours le cas...
Où
cliquer ? - Plus ennuyeux sont les pages qui
sont inutilisables, "non navigables" jusqu'à
ce que 12 images "bouton" servant à la
navigation se soient chargées. En
général, le texte est en ligne depuis
longtemps, mais faute de liens textuels,
l'utilisateur ne sait ou cliquer: cela va
considérablement renforcer l'impression de
lenteur. Au contraire, si votre navigation repose
essentiellement sur des liens textuels dans le
contenu, ou si vos éventuelles barres de
menu sont textuelles, vos utilisateurs ne
souffriront pas de cet inconvénient.
Par
conséquent, pour maximiser l'impression de
rapidité créée par votre site,
faites en sorte que le texte une fois chargé
ne bouge plus à l'écran en attendant
les images, et que ce texte contienne des liens
explicites par rapport aux objectifs
supposés du visiteur.
c)
Capacité de votre site à satisfaire
les utilisateurs:
La
patience de l'internaute varie - J'ai pu
observer que lorsque les toutes premières
pages d'un site donnent à l'internaute une
partie des informations qu'il était venu y
trouver, ou lui donnent une piste facile à
suivre vers cette information, alors la patience de
l'internaute augmente au fur et à mesure
qu'il surfe sur ce site. Au contraire, si l'une des
deux conditions ci dessus n'est pas remplie, la
moindre attente peut devenir insupportable et
augmentera fortement la probabilité que
l'utilisateur "zappe" vers une autre destination.
De
même, si un site remplit
régulièrement les objectifs du
visiteur, en faisant un client fidèle, celui
ci sera plus patient que s'il découvre un
site pour la première fois, et pourra
pardonner ici une petite faiblesse du serveur,
là une page au contenu fortement
illustré...
Enfin,
si une images se charge un peu lentement, mais que
le texte, la légende ou la balise "alt"
montrent à l'utilisateur que cette image en
vaut la peine car elle apporte une information
essentielle, celui ci sera enclin à
l'attendre, alors que si rien n'indique à
l'internaute pourquoi il investit son temps, celui
ci ira le dépenser ailleurs.
L'utilisateur
valorise inconsciemment son temps - En fait,
l'utilisateur, en fonction des informations qu'il
reçoit, va estimer plus ou moins
consciemment si les attentes qu'un site
occasionnent en valent la peine, et moduler son
impatience en conséquence. Si vous avez
à un moment quelconque un texte un peu long
ou richement illustré à charger, vous
devez faire en sorte que les informations
reçues par le visiteur en amont de cette
page (libellé du lien, indication du temps
de chargement, etc...) ou au début du
chargement progressif de la page (un titre parlant,
un résumé encourageant...) l'incitent
à patienter, parce qu'il aura
décidé que la page vaut
l'attente.
Et
bien sûr, il ne faudra pas décevoir le
visiteur: si la page qui se charge ne correspond
finalement pas à ce que vous aviez
indiqué, son "capital patience" envers votre
site va fondre très rapidement, et regagner
sa confiance sera délicat. On voit là
encore que les différentes règles
pour créer des sites utilisables sont
interdépendantes, et que le temps de
chargement perçu par l'internaute ne
dépend pas que des performances
chronométriques du site, mais de la
qualité globale de son expérience
utilisateur.
Une
étude convergente - Jared Spool, le
gourou d'UIE, arrive à la même
conclusion. Dans
une étude,
son cabinet a demandé aux testeurs d'estimer
quels sites étaient plus rapides à la
fin d'un test, dans un panel assez large. Certains
de ces sites avaient plutôt bien
répondu aux objectifs de visite des
visiteurs, d'autres beaucoup plus mal. Et bien, les
utilisateurs ont majoritairement estimé que
les premiers étaient "les plus rapides",
même si la mesure chronométrique des
temps de chargement montrait qu'à
l'évidence, il n'en était rien,
certains sites jugés rapides subjectivement
étant même parmi les plus lents du
panel.
Par
conséquent, le temps réel de
chargement des pages ne correspond pas à la
perception de l'utilisateur. Et si parfois vous
devez alourdir certaines pages, notamment
intérieures, pour mieux satisfaire vos
clients, sous peine que vous respectiez les
recommandations ci dessus (chargement progressif,
texte immobile et navigable), alors
allez-y.
Question
subsidiaire : "faut il couper les longues pages en
plusieurs ?"
De
ce qui précède, il découle
qu'une page de contenu à chargement
progressif pourra être relativement longue
sans qu'il ne soit nécessaire de la
tronçonner en plusieurs pages courtes.
Aujourd'hui, l'utilisateur n'a plus de
problème à utiliser les ascenseurs
verticaux (pour ceux qui utilisent des
écritures horizontales en tout cas), et
tronçonner un texte en plusieurs parties
vous fait courir le risque de perdre de nombreux
utilisateurs en route. Je considère pour ma
part que dans le cas d'un texte chargé par
blocs successifs, l'équivalent de 5 à
7 pages A4 passe correctement sur une page
web.
Si
vous avez un texte vraiment très long
à publier, vous pouvez le traiter non pas
comme un article unique, mais comme un dossier
découpé en chapitres cohérents
et pertinents. Et si votre gabarit de page est
"sans tableaux ni calques", c'est à dire que
le texte se charge en continu (cas fréquent
des "versions imprimables"), alors n'ayez pas peur
de le laisser sur une seule page web, car
l'utilisateur pourra l'imprimer pour la lire au
calme, et le chargement continu garantit que s'il
lit à l'écran, sauf incident
réseau, sa vitesse de lecture sera
inférieure à celle du chargement de
la page.
Conclusion
Ne
rêvez pas, ce qui précède ne
constitue pas un blanc seing pour pouvoir
créer sans précaution des pages
lourdes comme un pudding. Simplement, pour
gérer l'impression de rapidité ou de
lenteur perçue par l'internaute,
comptabiliser des temps de chargement ne suffit
pas. Il faut soigner le déroulement du
chargement des pages, et il faut donner à
l'utilisateur l'impression que le temps
passé sur vos pages a été bien
employé.
Ceux
qui croient qu'il suffit de "faire léger"
pour faire bien opèrent une simplification
abusive de ce que représente le temps pour
un utilisateur. Aussi, tout en essayant constamment
de réduire la "charge pondérale"
superflue de vos pages (celle qui n'apporte rien),
ne réduisez pas toujours la "charge utile"
de vos contenus pour vous conformer au dogme des
30Ko ou des 10 secondes.
L'ingéniérie
du design web, comme toutes les autres disciplines
techniques, est une affaire de compromis. Le poids
des pages est un critère important, mais
vous devez parvenir à un bon
équilibre entre ce paramètre et les
autres éléments de la qualité
de l'expérience utilisateur, sans sacrifier
les uns au détriment des autres.
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