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Etape
1 - identifier les risques existants, leurs causes
et leur probabilité :
L'article
numéro un décrit les
différents risques de non-fiabilité
rencontrés. Pour chaque information
présente dans votre site, il faudra
déterminer s'il existe des risques
d'inexactitude, d'obsolescence ou de
désynchronisation.
Pour
ce faire, il convient de recenser les risques qui
se sont déjà
matérialisés, parce que ce sont les
plus facilement repérables, et parce que ces
problèmes identifiés sont la
meilleure source pour repérer des
problèmes potentiels mais non survenus, par
analogie.
En
revanche, certains ennuis potentiels non survenus
seront plus difficiles à repérer.
Quelques pistes : analysez les problèmes
d'utilisabilité à la production
initiale de l'information, ainsi que les ruptures
de charge entre les données de votre SI et
votre site Internet, car tout transfert manuel
entre ces deux éléments est source
d'erreur. Enfin, regardez les cas ou la production
des données dépend d'une seule
personne (fragilité). Vous devriez ainsi
pouvoir soulever des lièvres bien
cachés.
En
recherchant les causes exactes de chaque risque
identifié, vous devrez essayer de
déterminer une probabilité
d'occurence pour chacun d'eux. Pas d'illusion
à se faire ici, vos estimations seront
nécessairement approximatives, mais cette
démarche est essentielle pour la
suite.
Etape
2 - analyse approfondie
Cette
deuxième étape doit vous permettre de
déterminer les conséquences
liées à chaque risque et à les
chiffrer.
Quelques
unes des typologies de risques liés au
manque de fiabilité sont les suivantes (il y
en a sûrement d'autres, mais tenons nous en
à l'essentiel) :
- Risque
physique : Une information erronée
sur un traitement médical, une mauvaise
description d'une procédure de
sécurité, peuvent entraîner
des conséquences humaines
fâcheuses.
- Risque
juridique : Une administration qui
publierait sur son site des
interprétations fondées sur des
textes juridiques obsolètes pourrait voir
sa responsabilité engagée. De
même, une entreprise qui changerait ses
conditions de ventes ou les
caractéristiques de ses produits mais
oublierait de signaler ces changements via son
site web pourrait subir des
poursuites.
- Risque
financier : une information inexacte peut
vous coûter de l'argent en faisant
échouer des ventes . Pire même,
elle peut vous faire perdre de l'argent en
concluant des ventes : ainsi qu'un constructeur
d'ordinateurs a publié pendant quelques
heures un prix de portable 10 fois moins
élevé que le prix réel
(erreur de saisie de virgule), ce qui a
engendré un contentieux lourd à
gérer.
- Risque
en terme d'image : une information trop
visiblement inexacte peut nuire à votre
crédibilité, à votre image
de sérieux, et éloigner
durablement de votre site des visiteurs ou des
prospects.
Cette
phase de caractérisation vous aidera
à estimer le coût (financier, ou pire,
humain, ce qui est heureusement plus rare) que vous
aurez à supporter si le risque se
matérialise.
Etapes
3 et 4 - déterminer les actions susceptibles
de circonscrire chaque foyer de risque et estimer
leur intérêt
réel
Il
pourrait être tentant de croiser les
probabilités et les coûts
déterminés aux étapes
précédentes, et de n'étudier
les actions à mettre en oeuvre pour les
seuls "risques forts et probabilités
fortes". A ce stade, ce serait une erreur, car:
1.
En réfléchissant aux moyens de
réduire un risque, vous pouvez trouver
des solutions qui en résolvent
d'autres.
2.
Plus rarement, la mise en place d'un dispositif
inadapté pour traiter un risque peut
augmenter la probabilité qu'un autre
apparaisse.
Aussi,
à l'aide de l'article 1, ou en faisant
preuve d'originalité, pouvez vous imaginer
des actions à mettre en oeuvre pour
réduire chaque risque. D'une façon
générale, commencez par imaginer les
moyens les plus simples et voyez s'ils
présentent des garanties suffisantes avant
de passer, si c'est nécessaire, à des
solutions, plus évoluées. Avant
d'imaginer des solutions coûteuses de suivi
de workflow, voyez si une procédure à
base d'échanges d'e-mails ne suffit pas
à régler certains problèmes.
Certes, il ne faut pas se faire d'illusion, aucun
problème de fond ne supporte le bricolage,
et mettre en place une politique de qualité
nécessite parfois un investissement
significatif.
Mais
ne l'oublions pas, la méthode ici
exposée intègre à la source la
mesure des coûts de non qualité,
potentiels ou avérés. En comparant
ces coûts à ceux des solutions
envisagées, vous aurez une idée du
retour sur investissement envisageable. Et dans
tous les cas, donnez vous une chance de trouver des
solutions astucieuse qui minimiseront la
dépense.
D'autre
part, évitez de raisonner en terme d'outils.
La mise en oeuvre de solutions de gestion de la
qualité nécessitent de
réfléchir à tous les points
suivants:
- Moyens
techniques et financiers
- Ressources
humaines nécessaires, en nombre et en
qualité (peut impliquer des recrutements,
des mutations, des formations...)
- Des
processus: quels flux d'information et de
tâches entre les personnes ?
- De
la communication et du management, pour faire
accepter aux personnes chargées de la
gestion quotidienne du système les
changements que la mise en oeuvre de la
politique de qualité
implique.
Vous
pourrez ainsi chiffrer précisément
les investissements nécessaires pour limiter
chaque risque, et aussi évaluer
d'éventuels bénéfices
indirects liés à la mise en oeuvre de
chaque mesure : meilleure intégration du
système d'informations, meilleure
utilisation des RH, plus grande confiance en eux
des producteurs d'information, etc...
En
ce qui concerne les outils que vous envisagerez,
vous devrez être certains qu'ils
résolvent effectivement les problèmes
que vous aviez envisagé de traiter par leur
entremise. Dans ce domaine, méfiez vous des
promesses des éditeurs de "solutions". Ne
vous privez pas de faire des tests, et/ou d'exiger
des références dans lesquelles les
outils envisagés ont résolu le
même problème, et faites jouer le
téléphone pour vous renseigner sur
leur efficacité, et leurs effets pervers
éventuels (par exemple : coûts
cachés, dépendance vis à vis
d'un prestataire, intégration au
SI).
Etape
5 - déterminer quels risques traiter en
priorité
Vous
avez en étape 1 et 2 pu établir un
classement des risques en 4
catégories:
- Probabilité
forte / coût élevé en cas de
survenance
- Probabilité
forte / coût faible en cas de
survenance
- Probabilité
faible / coût
élevé
- Probabilité
faible / coût faible
Les
risques fortement probables doivent être
traités en priorité. Parmi ceux-ci,
il faut bien évidemment traiter dans un
premier temps ceux qui couteraient le plus cher
à votre organisation s'ils venaient à
survenir.
Problème,
que faire si le coût traitement d'un tel
risque est trop élevé pour vos moyens
? Dans ce cas, vous devrez vous poser clairement la
question de savoir si vous devez assumer le risque
ou non, en publiant ou non l'information en
question.
Ainsi,
de nombreuses administrations devraient beaucoup
plus sérieusement étudier les risques
qu'elles prennent en publiant sur leurs sites des
informations juridiques sans système de
gestion de la qualité de ces informations.
Et si les budgets ou leurs rigidités ne leur
permettent pas de mettre en place un système
qualité pour ces informations, alors elles
doivent s'abstenir, ou se contenter de liens vers
le Journal Officiel (qui lui, est censé
savoir gérer la qualité de ces
informations dans le temps).
Pour
les autres risques, vous déciderez de les
traiter en fonction du produit "probabilité
X coût de survenance", mis en rapport avec le
coût de traitement d'un problème et la
réalité du bénéfice
lié au traitement. Ne vous privez pas de
traiter un risque faiblement probable et peu
coûteux si vous pouvez le faire à
coût nul, par exemple. Mais bien sûr,
plus un la matérialisation d'un risque est
susceptible de vous coûter cher, plus vous
devrez être prêt à investir pour
le réduire.
Conclusion
Ce
qui précède peut paraître
effrayant de lourdeur à certains
responsables de site. Mais en fait, l'application
d'une démarche d'analyse méthodique
de ce genre conduit le plus souvent à faire
des tris et des choix qui simplifient grandement
les solutions à mettre en oeuvre. Dans bien
des cas, vous découvrirez que certains
risques dont vous vous faites une montagne sont
surestimés, que des solutions simples sont
possibles, et vous pourrez très vite vous
concentrer sur la solution d'un ou deux
problèmes critiques sans que votre
réflexion ne soit polluée par des
questions d'ordre secondaire.
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