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Quelques principes pour rendre les intranets plus utiles

page créée le: 03/10/2001 -mise à jour le 4/10/2001
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Résumé: La qualité des intranets existants est très variable et de nombreux utilisateurs se plaignent de l'inutilité ou de la difficulté d'utilisation de celui qui leur est proposé. Essayons de brosser à grands traits le portrait d'un intranet moderne.

Difficile de rassembler des éléments objectifs sur de nombreux intranets lorsque l'on ne travaille pas dans une SSII. Généralement, on a accès au maximum à un intranet, le sien, ce qui est insuffisant pour déterminer des principes généraux. Notons d'ailleurs que l'efficacité des intranets est un sujet généralement moins abordé sur le net que celle des sites web.

Je suis dans cette situation, mais j'ai eu récemment l'occasion de naviguer brièvement sur des intranets autres, y compris celui de SSII. Et à chaque fois de me demander:

"Et cet intranet, il sert à quoi ?"

En effet, de nombreux intranets semblent souffrir d'un certain désamour de leurs utilisateurs. Les principales complaintes entendues sont les suivantes:

  • "on n'y trouve rien, c'est le fouillis"
  • "les fonctions qui s'y trouvent sont trop complexes à utiliser"

Et surtout :

  • "Ce qu'on y trouve ne nous est que de peu d'utilité professionnellement, cet intranet ne nous sert à rien."

Manque d'utilité, mauvaise utilisabilité : de nombreux intranets échouent à prodiguer deux éléments clé de l'expérience utilisateur. Comment éviter ces écueils ? Quelques exemples d'intranets plus réussis donnent des indications.

Les problèmes liés à la production de contenu:

"does your intranet suck ?" - L'éditorialiste Robert Scoble, dans un article récent - "does your intranet suck", cité par à peu près tous les weblogs sur l'expérience utilisateur de la planète - identifie comme une des principales sources de médiocrité des intranets le fait que beaucoup d'entre eux sont basés sur des outils de production de pages web spécialisés (FrontPage, Dreamweaver...) difficilement accessibles au non spécialiste du HTML. Et il invoque la nécessité de mise en place d'outils de production dynamiques et collaboratifs (entre autres : web content management) pour permettre à chaque détenteur de savoir de contribuer à l'intranet de l'entreprise, et donc améliorer la probabilité d'y trouver du contenu utile à tous.


Un constat exact mais insuffisant - Cette approche, pour intéressante qu'elle soit, est absolument insuffisante pour à elle seule permettre d'aller vers plus de qualité des intranets. Impliquer l'ensemble des acteurs de l'entreprise dans le partage de l'information est une condition certes nécessaire mais insuffisante pour rendre un intranet productif.

La donnée brute n'est pas de l'information

Il ne suffit pas de permettre à toute personne d'une structure d'empiler des articles dans un intranet, encore faut il que chaque utilisateur puisse facilement réutiliser ces contenus. Les contenus empilés sont des données éparses, mais il faut réunir d'autres conditions pour que ces données se transforment en information exploitable. Pour cela, quelques préalables me paraissent indispensables:

  1. Une bonne indexation des informations conduisant à une bonne architecture du site.
  2. Une règle essentielle: la "source unique"
  3. Dès règles d'écritures communes facilitant l'acquisition rapide de l'information
  4. Des fonctions avancées de tri des informations disponibles
  5. Des fonctions avancées de monitoring et de nettoyage/archivage des informations disponibles
  6. En Corollaire, des fonctions de personnalisation "individuelle" et/ou "par groupes/par projet" faciles à mettre en œuvre.
  7. Enfin, dans un Intranet plus encore que sur un site web, la qualité n'est pas uniquement liée à la présence de contenu et à sa facilité de réutilisation. Un intranet a vocation à devenir de plus en plus un support d'applications collectives et pas seulement une super base documentaire. La présence de "fonctionnalités" utiles est aussi importante que celle de "contenus".

Précaution de lecture - Bien sûr, les structures les plus petites devront appliquer ces recommandations avec une certaine souplesse : inutile de générer de la complexité là où elle n'est pas utile. Mais même des PME doivent composer avec un volume de plus grand des informations à traiter. Aussi les rappels ci dessous, pour lourds qu'ils paraissent, n'en sont pas moins utiles

Examinons point par point ces différentes exigences, dont l'enjeu est, répétons le, de pouvoir transformer un amas de données brutes en information exploitable.

1. Indexation des informations :

Nous avons vu il y a un mois combien cette indexation, si elle était bien pensée en amont de la création du site, pouvait faciliter la vie des utilisateurs et des gestionnaires de sites internet. Cela est encore plus vrai dans un intranet. Si, grâce à un outil de Web CM adapté, les contributions à l'intranet pleuvent, le volume d'informations à gérer sera beaucoup plus important sur l'intranet que sur le site internet de l'entreprise. les 7 axes d'indexation définis comme essentiels pour les sites internet restent parfaitement valides.

Mais sans doute, compte tenu du volume à gérer, faut il s'astreindre à un niveau d'information plus détaillé que pour un site internet: ainsi les structures émettrices des informations devront elles être plus finement caractérisées, les thématiques abordées devront se rapprocher des langages "métier" de vos agents et pas seulement des langages "grand public" de vos visiteurs.

Toutefois, afin de ne pas conduire à l'usine à gaz, devrez vous toujours veiller à ce que le détail des informations servant à indexer les contenus ("méta-données") reste raisonnable.

2. La source unique

Nous abordons là une question clé de la qualité des contenus d'un intranet (parfaitement valable sur internet au demeurant) : très souvent, la même information figure à plusieurs endroits. Toute page d'info est d'ailleurs souvent composée à partir d'éléments de provenance diverses. De plus une info peut être disponible sous plusieurs formats (html, pdf, wap...).

A partir du moment ou ces informations doivent resservir dans un cadre professionnel, leur exactitude est essentielle: aussi toute donnée, toute image, tout chiffre ou tout texte destiné à être réutilisé doit être stocké à un seul endroit, et une seule entité doit être responsable de sa maintenance. C'est la garantie que des informations désynchronisées (dont au moins une est fausse, donc...) ne se trouvent pas à différents endroits de votre système d'information.

3. Des règles d'écriture communes

Un grand nombre de documents disponibles sur un intranet doivent faire l'objet d'une modélisation commune, tant dans la forme que dans la structure du fond. certes, chaque département risque de hurler à l'uniformisation abusive, et plaidera la nécessité d'adopter sa propre charte graphique, ou sa propre structuration documentaire. Résistez.

Partager l'information suppose que des personnes d'un département puissent aisément exploiter la production documentaire d'un autre. Or rien n'est plus agaçant que de devoir intégrer des documents rédigés à chaque fois sous une forme différente, avec ou sans court résumé en tête de document, avec des têtes de chapitre voulant dire la même chose mais avec des titres différents, avec des sémiologies différentes d'un graphique à un autre, etc... Deux documents de même type (par exemple: des fiches de reporting de projet) doivent avoir la même structure et la même forme indépendamment de leur émetteur.

Notamment, en tête de chaque document, un résumé précisant clairement à quel type de problématique il est fait référence est absolument indispensable, ainsi qu'un "cartouche" signalétique précisant avec soin la date de création, la date et le numéro de mise à jour, l'émetteur...

La qualité des formulaires de saisie des documents sera l'élément clé pour que les utilisateurs respectent ces règles de mise en forme sans que cela ne les perturbe.

4. Des fonctions avancées de tri

Cela va sans dire, mais dans un environnement ou le nombre de documents produits se chiffre en milliers, un moteur de recherche simple et une navigation bien faite, tout en restant indispensables, ne suffisent plus.

Une fonctionnalité de recherche avancée s'appuyant sur les critères d'indexation définis précédemment est indispensable.

par exemple : il faut pouvoir retrouver très facilement tous les documents de "reporting commercial" relatifs aux "réticences émises par les acheteurs potentiels" chez "telle catégorie de client" à "tel endroit" en "l'an 2001" pour pouvoir étudier sur de bonnes bases votre riposte commerciale, comparer les problèmes rencontrés région par région, etc...

5. Des fonctions avancées de monitoring, de nettoyage ou d'archivage des informations.

Si vous vous contentez d'accumuler des informations sur votre intranet, vous risquez de ne plus pouvoir distinguer entre celles qui sont encore exactes, donc exploitables, et celles obsolètes dont la réutilisation pourrait avoir de funestes conséquences. Ce problème du suivi de la qualité de l'information dans le temps devient crucial avec l'inter/intranet, média cumulatif par excellence.

Le moyen le plus fiable pour éviter ces écueils est de responsabiliser les auteurs des informations ou les responsables de grande rubriques en les obligeant à renouveler régulièrement des "certificats de validité" des information, sous peine d'expiration automatique. Et toute info dont le certificat n'est pas renouvelé doit pouvoir être aisément supprimée ou archivée.

6. La Personnalisation : de plus en plus nécessaire

Avec la croissance du volume des informations disponibles, il deviendra de plus en plus nécessaire de recourir à des fonctionnalités de personnalisation des contenus affichés. A côté de l'intranet général, banque de capitalisation des données brutes produites , l'utilisateur devra pouvoir simplement créer "son intranet", extrayant de la masse les informations qui lui sont utiles. Pour ce faire, les fonctions de tri décrites plus haut devront être associées à la possibilité de créer des listes (comme dans les cybermarchés !) qui viendront enrichir un espace documentaire personnel ("ma documenthèque").

Personnalisation de groupe - Cette personnalisation pourra être accessible à un individu isolé, mais aussi à un groupe d'agents concernés par un projet particulier. La banque documentaire de chaque groupe comportera tous ce qui lui est nécessaire pour travailler, le superflu étant limité au maximum.

Autant je ne suis pas un fan de la personnalisation sur internet, autant sur un gros Intranet apparait elle comme une fonctionnalité indispensable de "régulation" des flux d'information.

7. Fonctionnalités avancées

Les capacités documentaires d'un intranet sont certes intéressantes, mais à l'avenir, l'intranet sera de plus le support d'applications permettant un niveau d'interaction plus élevé. Ces applications exploiteront la dimension collective du réseau.

On pense tout d'abord aux capacités de groupware (agenda commun, messagerie, dialogue, partage documentaire...) et de gestion de flux de tâches ("workflows"), déjà connus des utilisateurs de logiciels tels que Lotus Notes, ou de services comme yahoogroups (ex e-groups) . Mais des outils plus spécifiquement adaptés à vos métiers sont bien évidemment envisageables : un progiciel de gestion intégré (ERP) au format web, un outil comptable, etc... ( Pour vous faire une petite idée, cette page du site admiroutes présente un certain nombre de fonctionnalités d'un intranet actuel)

Lorsque l'utilisateur, aujourd'hui, allume son ordinateur, il trouve sur son bureau l'essentiel des applications qui lui sont utiles dans sont travail individuel. Lorsqu'il ouvrira son intranet, il devra de la même façon trouver les documents, les informations, et les outils collectifs qui lui sont directement utiles, à lui ou aux groupes auxquels il appartient. A terme, il est probable que le bureau et l'intranet opèrent une fusion sinon totale, du moins partielle, tant les attentes de l'utilisateur vis à vis de l'un comme de l'autre seront proches.

Pour que cette prévision se révèle fondée, il serait souhaitable que l'industrie du Logiciel révolutionne le navigateur en en faisant un support correct d'applications en ligne (ce n'est actuellement pas le cas), mais ce thème a déjà été abordé dans ce site, n'y revenons pas.

L'utilisabilité des intranets : passeport obligé vers la rentabilité

L'objection la plus commune contre le modèle d'intranet décrit précédemment est la suivante :

"Ce type d'intranet serait trop complexe, ce sera déjà assez difficile de convertir les utilisateurs aux joies de l'alimentation de l'intranet via interface web, alors le tri, la personnalisation, le groupware, les applications avancées..."

Je répondrai que de nombreux groupes ont déjà mis en place des intranets comportant des applications complexes et s'en portent très bien. Par exemple, tel groupe de BTP a mis en place une application collective d'aide à la gestion des déchets de chantier, telle autre multinationale à mis en place un système global de reporting commercial... La difficulté n'est donc pas insurmontable.

Seule une prise en compte de l'utilisabilité (production et utilisation) dès la conception des intranets permettra aux utilisateurs de manager cette nouvelle complexité. Cela veut dire que le processus de conception doit être itératif et associer régulièrement les personnels au travers de tests d'utilisabilité. Et que l'on ne dise pas que cela coûte trop cher: certains experts estiment à plusieurs centaines de milliards de dollars les sommes perdues annuellement par l'économie américaine pour cause de mauvaise efficacité des intranets.  

N'oubliez jamais qu'un intranet doit d'abord être un outil facilitant le travail des agents, donc améliorant leur productivité. Ce ne doit jamais être une source de contrariété.

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