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Méthode "actions-déclencheurs" pour déterminer les contenus d'un site internet

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L'étude de l'agence troover (page de présentation)

Le guide du net territorial

Sites communaux : les meilleures voies de progrès sont elles les plus coûteuses ?

page créée le: 18/09/2001
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Résumé: Des chiffres récents semblent montrer que les communes françaises peinent à se lancer dans l'internet, et que leurs sites proposent des services techniquement basiques. Mais doivent elles nécessairement rechercher la complexité dans leurs projets ? La valeur d'un site communal n'est pas liée à son niveau technologique mais à la qualité du service rendu au visiteur, et des sites simples peuvent de ce point de vue se montrer excellents s'ils sont conçus en se mettant à la place du public.

Des constats mitigés

Une étude récente, réalisée par l'agence troover.com, et citée par transfert.net (lien payant), a semblé montrer que les communes françaises éprouvaient des difficultés pour entrer dans l'ère Internet: seulement 2000 communes (sur 36.000, soit environ 6%) posséderaient un site, selon troover.com. En outre, l'essentiel de ces sites seraient "interpassifs", c'est à dire, selon la terminologie de l'étude, ne proposant que des contenus de la commune vers le visiteur (et éventuellement une boite aux lettres), et seuls quelques centaines d'entre eux seraient interactifs. Enfin, seuls une cinquantaine proposeraient des "services originaux". Le vocabulaire employé par l'étude semble montrer que ses promoteurs établissent une hiérarchie de valeurs entre sites passifs et sites technologiquement plus évolués. Cette distinction est elle fondée ?

A l'aune de ces chiffres apparemment médiocres, il convient de se demander quelles sont les voies de progrès possibles pour les communes, tant en terme de contenus et de services à offrir qu'en matière d'organisation de la production de ces prestations. Mais auparavant, essayons de battre en brèche certains préjugés colportés par les études de ce genre et les interprétations en forme de "clichés" qui en sont faites, et qui peuvent conduire les maîtres d'ouvrages à prendre de mauvaises décisions.

Réhabilitation du site "Interpassif"

1. Les différents niveaux de sites Interpassifs et interactifs.

Tout d'abord, l'étude de troover.com aurait à mon sens dû différencier deux niveaux "d'interpassivité" (je ne m'y fais pas, à ce néologisme...) et deux niveaux d'interactivité pour caractériser les différents "niveaux" technologiques et organisationnels des sites en présence.

Je distinguerai pour ma part :

niveau 1 : les sites passifs simples, dont le contenu (texte, illustrations, animations et gadgets) est produit au coup par coup.

niveau 2 : les sites passifs "évolués", dont une partie du contenu est alimenté par des bases de données "métier" de la ville, mais sur lesquels l'internaute ne peut pas agir.

De même deux niveaux d'interactivité très différents sont à distinguer:

niveau 3 : L'interactivité informatique permet à l'internaute d'extraire du système d'information de l'émetteur des données en fonction de requêtes qui lui sont spécifiques : services de plans, recherche de terrains à construire dans une base ad hoc, etc... De même le visiteur peut lui même introduire des données dans le système (par exemple en s'abonnant à une liste de diffusion), pour des opérations simples, ne nécessitant pas (ou quasiment pas) d'intervention humaine, et en tout cas aucun traitement personnalisé très spécifique.

niveau 4 : l' interactivité structurelle est celle dans laquelle l'internaute, en introduisant des données personnelles, conduit à des suites de traitements individualisés, en partie automatisés, en partie gérés par l'être humain, et aboutissant à la délivrance d'un résultat tangible. Par exemple, le suivi en ligne de l'avancement des procédures de permis de construire (disponible sur le site de quelques DDE, et notamment celle du calvados) appartient à cette catégorie.

Dans ce dernier cas, qui recouvre toute les téléprocédures complexes, mais aussi la réponse aux e-mails, l'internaute interagit avec le personnel de l'institution, pas seulement avec des données numériques.

Pourquoi faire ces distinctions ? Parce que les coûts de développement, de maintenance, et les impacts organisationnels du site sur la structure croissent de façon exponentielle lorsque l'on passe des niveaux 1 à 4. Le dernier niveau, notamment, suppose souvent, si on veut proposer un service efficace dans la durée, des temps de préparation et des opérations d'accompagnements qui se répètent pratiquement à chaque nouvelle téléprocédure implantée.

Aussi, avant de se lancer à toute force dans le site interactif pour "être branché", convient-il de se demander comment optimiser le rapport coût/service rendu à la collectivité. Les sites passifs sont ils "ringards" de nature ?


2. Pour le visiteur, la qualité ne signifie pas toujours la complexité.

Comment, avant internet (et après aussi, d'ailleurs), les citoyens interagissaient ils avec la commune et ses services ? principalement :

  • par téléphone
  • par courrier classique
  • en se rendant dans les locaux de la commune.

Et quelles sont les raisons qui les poussent à interagir avec la commune ? Parfois, l'obtention d'un document administratif, mais le plus souvent, c'est une recherche d'information qui motive l'internaute (sur la commune, le calendrier des événements, la carte scolaire, ou une recherche de bon interlocuteur, etc.), cette recherche d'info précédant parfois une démarche plus complexe visant à résoudre un problème personnel. Enfin, l'expression politique sur les questions locales est une des raisons fortes qui poussent le citoyen à entrer en contact avec sa commune.

Or, l'internet passif (niveau 1 ou 2) est particulièrement bien adapté à la recherche d'informations pratiques ou politiques, pour peu que le contenu de celles ci (j'y reviendrai) ait été intelligemment pensé en fonction de des besoins réels les plus fréquents des utilisateurs. Si un site interpassif est capable de donner des réponses précises aux questions que se posent 9 internautes sur 10, alors ce site fait très bien son travail, même s'il ne présente aucune particularité interactive.

Au contraire, un bon site "interpassif" peut permettre de réduire le besoin d'interagir avec le personnel communal, que ce soit par des moyens classiques ou internautiques. Moins de mails (coût moyen de traitement d'un e-mail: de 12 à 15F ht), moins de coups de téléphones, de courriers... Voilà qui économise la masse salariale de la commune, évite à l'internaute de multiplier les démarches, et au final peut, sans aucun artifice "de poudre aux yeux", améliorer grandement l'image communale.

Beaucoup de communes françaises, du fait de leur morcellement, n'ont pas les moyens de s'offrir des projets web grandioses. Aussi, même si certaines publications, épousant par trop les modes et les préjugés, voudraient faire accroire que les sites interactifs sont supérieurs aux sites interpassifs, dans un jugement de valeur douteux, je répèterai inlassablement ce message: avant de vous lancer dans des réalisations interactives coûteuses, soignez la partie passive de votre site, vous obtiendrez un meilleur retour sur investissement.

En outre, ne vous lancez dans l'interactivité haut de gamme que lorsque votre expérience de la gestion d'un bon site passif sera suffisante : lorsque vos moyens sont limités, mieux vaut apprendre progressivement la maîtrise d'outils encore peu familiers au plus grand nombre.

Loin de moi toutefois l'idée de critiquer le concept d'interactivité. Les communes à budget supérieur pourront grandement tirer partie de cette faculté du réseau, mais ne seront pas pour autant dispensées de réaliser de bonnes parties passives de leur site pour les raisons évoquées précédemment.

Comment déterminer les contenus d'un site communal ?

Comme bien d'autres, trop de sites communaux semblent avoir été conçus soit "pour y être", soit pour satisfaire l'ego du maire ou de son chargé de comm'. Trop de sites parlent de ce dont le conseil municipal a envie de parler, pas de ce qui importe le plus à l'internaute.

J'ai développé il y peu une méthode généraliste "actions-déclencheurs" pour déterminer les contenus d'un site. Cet outil fonctionne parfaitement dans le cadre d'un site de collectivité. Je vais essayer de développer quelques exemples envisageables, sachant que je ne pourrai pas être exhaustif.

La question clé de la méthode est celle ci : Que voudriez vous que vos différentes catégories de visiteurs fassent à l'issue de leur visite ? Quels services demandent-ils prioritairement ?

Le visiteur de votre site peut se trouver dans plusieurs situations:

  • Le plus fréquemment, ce peut être un habitant.
  • parfois, ce peut être un futur habitant de la région,
  • parfois un investisseur potentiel,
  • parfois un touriste (courte ou longue durée)
  • parfois une personne de passage (rendez vous d'affaire, etc...)

Il convient de se mettre à la place de ces utilisateurs pour leur fournir les informations leur permettant de remplir leurs buts de visite. Si vos propres objectifs (par exemple: développer les implantations industrielles ou commerciales) croisent un de ces buts, alors vous savez quelles informations mettre en avant.

Ainsi, à un investisseur industriel potentiel, pourrez vous a minima offrir une liste des agences commercialisant des surfaces en zone d'activité ou des locaux industriels disponibles. Vous pouvez à moindre frais fournir des cartes de vos zones d'activité. Également, l'existence de zones franches, les taux de taxe professionnelle, et des liens vers des pages relatives aux possibilités d'installation pour d'éventuels employés (logement, écoles) seront les bienvenues.

Pour aller plus loin, avec un investissement plus élevé, vous pouvez vous doter d'un base de données dans laquelle toutes les surfaces commerciales et industrielles, avec des fiches signalétiques complètes et les coordonnées des vendeurs/bailleurs, seront recensées, les données étant intégrées par les vendeurs eux-mêmes. Un outil de recherche performant permettra à l'internaute de trouver l'emplacement parfaitement adapté à ses besoins en saisissant les caractéristiques de ce qu'il recherche. L'ancien site de la ville de Parthenay proposait un tel service que je n'ai pas retrouvé sur le nouveau.

Pour un touriste potentiel, une liste des principales attractions, chacune possédant un site propre ou un sous site à l'intérieur de celui de la commune, est indispensable, mais il est également souhaitable de proposer des listes de curiosité aux alentours, des annuaires d'hotels, des emplacements et des coûts de parkings, des propositions de parcours... Si vous êtes une commune plus importante, un service de billetterie en ligne, avec tarifs groupés, sera envisageable (cartes multi-musées, etc...), voire, avec la collaboration des établissements concernés, un service de recherche de chambres d'hôtel disponibles et de réservation... Vous pouvez également gérer une base de liens vers des ouvrages parlant de votre région en vous affiliant à un Amazon quelconque.

Les exemples ci dessus montrent que plusieurs réponses peuvent être données à un même besoin. Les formules les plus simples se montreront satisfaisantes dans la plupart des cas, les communes plus volontaristes pouvant aller plus loin dans la technicité des solutions retenues, mais uniquement si le surcoût estimé en vaut la chandelle.

D'une façon générale, déterminez le profil de visiteur qui vous intéresse, déterminez ce que vous voudriez qu'il fasse après avoir vu votre site, puis mettez vous à sa place, et demandez vous comment l'inciter à exécuter l'action souhaitée si possible à moindre coût.

Conclusion

Bien sûr, il ne suffit pas de déterminer des listes de contenus pour créer un bon site. De prochains articles traiteront de la production des contenus, des mécanismes à mettre en place pour assurer la mise à jour des informations, etc...

Mais à travers les exemples ci dessus, j'ai souhaité montrer que la tâche des communes n'était pas insurmontable, qu'il n'était pas nécessaire de penser "haut niveau technologique" pour créer de la valeur pour les internautes. Des sites simples mais pensés en se mettant à la place des différents profils de visiteurs, se contentant de technologies passives et sans frime, mais compensant par l'intelligence des informations dispensées, peuvent permettre aux communes de rentrer à la fois efficacement et progressivement dans la civilisation de l'internet, et d'acquérir l'expérience qui leur permettra, plus tard, de mettre en place des services plus évolués.

P.S. Un peu de pub : l'étude troover.com étant facturée plus de 7.000 francs hors taxes, je me suis contenté d'en lire la synthèse de transfert. Si vous ne voulez pas investir autant, le guide du net territorial, (éditions Weka), auquel j'ai contribué, coûte dix fois moins cher et comporte mille pages de conseils utiles et réellement opérationnels pour bâtir votre site communal.

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