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2.
Pour le visiteur, la qualité ne signifie pas
toujours la complexité.
Comment,
avant internet (et après aussi, d'ailleurs),
les citoyens interagissaient ils avec la commune et
ses services ? principalement :
- par
téléphone
- par
courrier classique
- en
se rendant dans les locaux de la
commune.
Et
quelles sont les raisons qui les poussent à
interagir avec la commune ? Parfois, l'obtention
d'un document administratif, mais le plus souvent,
c'est une recherche d'information qui motive
l'internaute (sur la commune, le calendrier des
événements, la carte scolaire, ou une
recherche de bon interlocuteur, etc.), cette
recherche d'info précédant parfois
une démarche plus complexe visant à
résoudre un problème personnel.
Enfin, l'expression politique sur les questions
locales est une des raisons fortes qui poussent le
citoyen à entrer en contact avec sa
commune.
Or,
l'internet passif (niveau 1 ou 2) est
particulièrement bien adapté à
la recherche d'informations pratiques ou
politiques, pour peu que le contenu de celles ci
(j'y reviendrai) ait été
intelligemment pensé en fonction de des
besoins réels les plus fréquents des
utilisateurs. Si un site interpassif est capable de
donner des réponses précises aux
questions que se posent 9 internautes sur 10, alors
ce site fait très bien son travail,
même s'il ne présente aucune
particularité interactive.
Au
contraire, un bon site "interpassif" peut permettre
de réduire le besoin d'interagir avec le
personnel communal, que ce soit par des moyens
classiques ou internautiques. Moins de mails
(coût moyen de traitement d'un e-mail: de 12
à 15F ht), moins de coups de
téléphones, de courriers...
Voilà qui économise la masse
salariale de la commune, évite à
l'internaute de multiplier les démarches, et
au final peut, sans aucun artifice "de poudre aux
yeux", améliorer grandement l'image
communale.
Beaucoup
de communes françaises, du fait de leur
morcellement, n'ont pas les moyens de s'offrir des
projets web grandioses. Aussi, même si
certaines publications, épousant par trop
les modes et les préjugés, voudraient
faire accroire que les sites interactifs sont
supérieurs aux sites interpassifs, dans un
jugement de valeur douteux, je
répèterai inlassablement ce message:
avant de vous lancer dans des
réalisations interactives coûteuses,
soignez la partie passive de votre site, vous
obtiendrez un meilleur retour sur investissement.
En
outre, ne vous lancez dans l'interactivité
haut de gamme que lorsque votre expérience
de la gestion d'un bon site passif sera suffisante
: lorsque vos moyens sont limités, mieux
vaut apprendre progressivement la maîtrise
d'outils encore peu familiers au plus grand
nombre.
Loin
de moi toutefois l'idée de critiquer le
concept d'interactivité. Les communes
à budget supérieur pourront
grandement tirer partie de cette faculté du
réseau, mais ne seront pas pour autant
dispensées de réaliser de bonnes
parties passives de leur site pour les raisons
évoquées précédemment.
Comment
déterminer les contenus d'un site communal
?
Comme
bien d'autres, trop de sites communaux semblent
avoir été conçus soit "pour y
être", soit pour satisfaire l'ego du maire ou
de son chargé de comm'. Trop de sites
parlent de ce dont le conseil municipal a envie de
parler, pas de ce qui importe le plus à
l'internaute.
J'ai
développé il y peu
une méthode généraliste
"actions-déclencheurs"
pour déterminer les contenus d'un site. Cet
outil fonctionne parfaitement dans le cadre d'un
site de collectivité. Je vais essayer de
développer quelques exemples envisageables,
sachant que je ne pourrai pas être
exhaustif.
La
question clé de la méthode est celle
ci : Que voudriez vous que vos différentes
catégories de visiteurs fassent à
l'issue de leur visite ? Quels services
demandent-ils prioritairement ?
Le
visiteur de votre site peut se trouver dans
plusieurs situations:
- Le
plus fréquemment, ce peut être un
habitant.
- parfois,
ce peut être un futur habitant de la
région,
- parfois
un investisseur potentiel,
- parfois
un touriste (courte ou longue
durée)
- parfois
une personne de passage (rendez vous d'affaire,
etc...)
Il
convient de se mettre à la place de ces
utilisateurs pour leur fournir les informations
leur permettant de remplir leurs buts de visite. Si
vos propres objectifs (par exemple:
développer les implantations industrielles
ou commerciales) croisent un de ces buts, alors
vous savez quelles informations mettre en
avant.
Ainsi,
à un investisseur industriel potentiel,
pourrez vous a minima offrir une liste des agences
commercialisant des surfaces en zone
d'activité ou des locaux industriels
disponibles. Vous pouvez à moindre frais
fournir des cartes de vos zones d'activité.
Également, l'existence de zones franches,
les taux de taxe professionnelle, et des liens vers
des pages relatives aux possibilités
d'installation pour d'éventuels
employés (logement, écoles) seront
les bienvenues.
Pour
aller plus loin, avec un investissement plus
élevé, vous pouvez vous doter d'un
base de données dans laquelle toutes les
surfaces commerciales et industrielles, avec des
fiches signalétiques complètes et les
coordonnées des vendeurs/bailleurs, seront
recensées, les données étant
intégrées par les vendeurs
eux-mêmes. Un outil de recherche performant
permettra à l'internaute de trouver
l'emplacement parfaitement adapté à
ses besoins en saisissant les
caractéristiques de ce qu'il recherche.
L'ancien site de la ville de Parthenay proposait un
tel service que je n'ai pas retrouvé sur le
nouveau.
Pour
un touriste potentiel, une liste des principales
attractions, chacune possédant un site
propre ou un sous site à l'intérieur
de celui de la commune, est indispensable, mais il
est également souhaitable de proposer des
listes de curiosité aux alentours, des
annuaires d'hotels, des emplacements et des
coûts de parkings, des propositions de
parcours... Si vous êtes une commune plus
importante, un service de billetterie en ligne,
avec tarifs groupés, sera envisageable
(cartes multi-musées, etc...), voire, avec
la collaboration des établissements
concernés, un service de recherche de
chambres d'hôtel disponibles et de
réservation... Vous pouvez également
gérer une base de liens vers des ouvrages
parlant de votre région en vous affiliant
à un Amazon quelconque.
Les
exemples ci dessus montrent que plusieurs
réponses peuvent être données
à un même besoin. Les formules les
plus simples se montreront satisfaisantes dans la
plupart des cas, les communes plus
volontaristes pouvant aller plus loin dans la
technicité des solutions retenues, mais
uniquement si le surcoût estimé en
vaut la chandelle.
D'une
façon générale,
déterminez le profil de visiteur qui vous
intéresse, déterminez ce que vous
voudriez qu'il fasse après avoir vu votre
site, puis mettez vous à sa place, et
demandez vous comment l'inciter à
exécuter l'action souhaitée si
possible à moindre coût.
Conclusion
Bien
sûr, il ne suffit pas de déterminer
des listes de contenus pour créer un bon
site. De prochains articles traiteront de la
production des contenus, des mécanismes
à mettre en place pour assurer la mise
à jour des informations, etc...
Mais
à travers les exemples ci dessus, j'ai
souhaité montrer que la tâche des
communes n'était pas insurmontable, qu'il
n'était pas nécessaire de penser
"haut niveau technologique" pour créer de la
valeur pour les internautes. Des sites simples mais
pensés en se mettant à la place des
différents profils de visiteurs, se
contentant de technologies passives et sans frime,
mais compensant par l'intelligence des informations
dispensées, peuvent permettre aux communes
de rentrer à la fois efficacement et
progressivement dans la civilisation de l'internet,
et d'acquérir l'expérience qui leur
permettra, plus tard, de mettre en place des
services plus évolués.
P.S.
Un peu de pub : l'étude troover.com
étant facturée plus de 7.000 francs
hors taxes, je me suis contenté d'en lire la
synthèse de transfert. Si vous ne voulez pas
investir autant, le
guide du net
territorial,
(éditions Weka), auquel j'ai
contribué, coûte dix fois moins cher
et comporte mille pages de conseils utiles et
réellement opérationnels pour
bâtir votre site communal.
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