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Dès 1997, Jakob Nielsen expliquait pourquoi la pub "bannière" sur le web ne marche pas.

Le programme adwords de google

Un commentaire plutôt positif sur les nouvelles publicités de Google et d'Askjeeves

Une Newsletter qui donne quelques indications sur l'efficacité des pubs "adwords"

Une étude du parcours visuel des internautes par l'université de Stanford.

Le texte peut-il sauver la pub sur internet ?

Exploration des possibilités offertes par la publicité textuelle ciblée.

page créée le: 23/06/2001
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Résumé: La publicité par bannières sur le web est en échec, et son inefficacité est si patente que bien des sites ayant fondé leur viabilité sur elle sont fermés ou en voie de l'être. Est-ce à dire que la publicité ne marche pas sur internet ? Non, c'est la manière de faire de la pub qui doit évoluer, en privilégiant l'information textuelle et ciblée sur les attentes du visiteur.

La publicité par l'image sur Internet : constat d'échec

L'inefficacité de la pub en ligne - Les chiffres sont cruels : le "taux de clic" moyen sur les bannières de publicité est descendu en dessous de 0.5%, et observer des taux de 0.2 à 0.3% sur une campagne n'est pas rare. Et la tendance est toujours à la baisse...

De surcroît, aucune statistique ne dit combien d'internautes qui ont cliqué une bannière actionnent immédiatement après le bouton "back" du navigateur, tant le résultat de leur clic les a déçus. Mais si on prend pour hypothèse un taux de conversion (transformation des visiteurs en clients) de 1.5% (taux fréquemment observé sur les sites d'e-commerce) , combiné à un taux de clic de 0.5% sur les bannières (optimiste), on obtient un client gagné pour environ 13000 bannières affichées (1/(0.005*0.015)) ! Je vous laisse imaginer le prix auquel les vendeurs d'espace doivent traîter si l'annonceur souhaite conserver un coût d'acquisition du client acceptable...

Devant un tel constat d'inefficacité, les annonceurs commencent à réfléchir à l'opportunité de leurs investissements et les prix d'affichage des bannières sont en baisse, remettant en cause la viabilité de bien des sites financés par la pub.

Pourquoi les internautes ne cliquent plus - Les raisons de ce désamour des internautes pour les bannières animées, quel que soit leur format, sont connues des spécialistes de l'expérience utilisateur depuis belle lurette, même si les entreprenautes et les e-publicitaires ont préféré les ignorer. Lorsque l'internaute surfe à la recherche d'informations, sa démarche est active : il a un but, et ne veut pas en dévier, sauf si l'occasion qui se présente à lui est plus attractive que son but initial. Les bannières de publicité étant rarement reliées à ses objectifs de visite, leur affichage est souvent vécu comme une perturbation par l'internaute.

Les utilisateurs ont donc inconsciemment développé un mécanisme cognitif visant à éviter du regard tout ce qui ressemble de près ou de loin à une pub graphique animée. ce mécanisme, appelé "banner blindness", a été notamment mis en évidence par des études "eye-track" où des caméras observaient le mouvement des pupilles de l'internaute : le temps de visionnage des bannières est inférieur à une seconde et l'oeil de l'internaute se polarise généralement sur le texte.

Face à cette désaffection, les sites dont le business model est fondé sur la pub, pris d'une peur bien légitime, tentent des stratégies qui selon moi, relèvent de la fuite en avant et sont vouées à un échec rapide.


Les nouvelles bannières ou l'art de persévérer dans l'erreur

Nouveaux formats - De nombreux sites de news ont introduit de nouveaux formats de bannières susceptibles de retenir l'attention de l'utilisateur: bannières "gratte-ciel" toutes en hauteur, totems, vignettes mobiles, bannières rich media en Flash, en DHTML ... Les taux de clic ont légèrement augmenté, car la nouveauté du format a attiré l'oeil de l'internaute qui s'était habitué aux "vieilles" bannières gif 468*60.

Mais une fois l'effet de surprise passé, les internautes développeront à nouveau un syndrome de "banner blindness" sur ces nouveaux formats, et l'expérience aidant, ce phénomène se produira bien plus rapidement que pour la génération précédente de bannières. En effet, quelque soit le format employé, l'utilisateur n'aime pas se laisser détourner de son but par un élément perturbant et développe des mécanismes mentaux lui permettant d'y échapper.

Bannières intrusives - Conscients de cela, certains sites vont encore plus loin et proposent des bannières auxquelles l'utilisateur ne peut pas échapper quoi qu'il arrive: bannières sonorisées, bannières qui se placent par dessus les zones de contenu et que l'on doit absolument glisser vers le côté de l'écran pour pouvoir accéder au site proprement dit... Certains génies du web-marketing semblent croire que plus la publicité est "intrusive", elle marche. Nous manquons de recul pour analyser en détail les résultats de ces pratiques, mais mon expérience personnelle (je glisse les bannières intrusives sans même les regarder...) et de quelques autres m'incitent à penser que à moyen terme, ces formes agressives de publicité sur Internet seront vouées également à l'échec...

De surcroît, les sites qui obligent l'internaute à subir un fond sonore (extrêmement désagréable...) ou à se battre avec des "bannières intrusives" détériorent la qualité de son expérience vécue en surfant : ces sites risquent de perdre de l'audience de façon significative s'ils persistent dans ces funestes voies . Notons d'ailleurs que certains pionniers de la bannière sonorisée, comme le journal du net, semblent avoir compris qu'il valait mieux stopper là cette expérience.

Est-ce à dire qu'il n'existe aucun moyen de faire de la pub de façon efficace sur Internet ? Peut-être pas...

Le texte au secours de la publicité ?

Le texte marche mieux - En voulant s'inspirer à l'échelle d'internet des pratiques des magazines papier ou de la télévision, fondées sur la prépondérance de l'image sur le texte et la diffusion de masse des messages, les publicitaires ont peut-être commis l'erreur de reproduire les schémas intellectuels de ces "vieux" médias, et ont privilégié une publicité fondée sur l'affichage massif de graphisme ou d'animations, en oubliant les spécificités de l'internet: attirance naturelle de l'utilisateur pour le texte, focalisation sur un but précis...

Tout semble montrer quesur le net, le texte est un vecteur de publicité plus efficace que l'image animée:

  • Les taux de clics obtenus par e-mail publicitaire sont très supérieurs à ceux obtenus par bannières sur des sites, pour peu que l'envoi des messages soit correctement ciblé à des utilisateurs ayant ouvertement exprimé un accord pour recevoir ce type de message ("permission marketing").
  • Sur un site, l'utilisateur clique plus volontiers sur des liens que sur des bannières.
  • Deux lignes de texte correctement rédigées véhiculent plus d'information "déclencheuses de clic" qu'un slogan de bannière à affichage séquentiel
  • L'utilisateur lit le texte à son rythme, pas à celui voulu par le concepteur de la bannière.

Partant de ces constats, certains sites ont tenté avec plus ou moins de bonheur d'insérer des publi-rédactionnels préparés par les annonceurs dans leur contenu. Ce modèle est intéressant mais il reste un problème : le publi rédactionnel n'attirera le clic de l'internaute que s'il est spécifiquement relié à l'objectif de surf de l'internaute, ou à une autre de ses préoccupations, qu'il est difficile de deviner.

Google Adwords, ou comment faire travailler intelligemment les annonceurs.

Adwords, un système astucieux - Google, moteur de recherche décidément génial, a trouvé un moyen de faire coïncider les affichages de pub et les préoccupations des internautes. Il s'agit du programme Adwords, qui consiste dans l'affichage de publicités textuelles à droite de l'écran, dans des cadres verts parfaitement identifiés, reliées au sujet de recherche de l'internaute.


figure 1
les liens sponsorisés sont clairement affichés à droite de la page
et sont pertinents par rapport à la recherche effectuée
(clin d'oeil: notez la qualité du référencement de veblog...)

C'est l'annonceur qui travaille ! Le système est particulièrement astucieux car il transfère à l'annonceur tout le travail anciennement effectué par la régie publicitaire : saisie par l'annonceur des mots clé de recherche pour lesquels l'annonce s'affichera, rédaction du message et du lien, facturation automatique permettant à l'annonceur de moduler en continu le rythme et le contenu des messages en fonction de l'efficacité des annonces précédentes...

L'annonceur, en effectuant lui même le travail d'analyse des motivations de l'internaute ("s'il a recherché telle expression clé, alors il risque d'être sensible à tel ou tel message") sera à même de proposer des publicités qui ne seront plus des digressions par rapport aux objectifs de recherche de l'internaute, mais au contraire des informations présentant une valeur ajoutée pour lui. Le système "adwords" a ceci de génial qu'il transforme la publicité en un deal "gagnant gagnant" entre le site, l'annonceur et l'internaute. Et le fait d'utiliser du texte accompagné de liens bleus de format standard et souligné permet d'amoindrir considérablement l'effet de "banner blindness".


figure 2
un message textuel (ici perfectible)
dont la qualité influera sur le taux de clic réel

Des résultats encourageants mais encore perfectibles - Les premiers résultats du programme adwords semblent encourageants, même si l'on manque de recul pour l'analyser. Le taux de clic varie énormément en fonction de la qualité du message rédigé dans la publicité. Cet article fait état de taux de clics durables variant de 0.66% (message médiocre) à 2.6% (message amélioré en fonction des premiers résultats et en cours de campagne) avec un coût pour 1000 affichages de 15 dollars (110F au taux actuel), contre 23 à 60 euros (150 à 390 FF) pour 1000 affichages de bannières classiques ou "new format" sur voila.fr . Avec un bon message, vous pouvez donc espérer un taux de clic 4 à 7 fois supérieur à celui observé avec des bannières classiques, et ce pour bien moins cher. L'avantage concurrentiel est évident. Toutefois, même réduit, le coût d'acquisition de clients par ce biais reste élevé.

Ainsi, pour 1000 affichages (1100 FF), un taux de clic de 2.5% permet de réduire le coût d'attraction de chaque visiteur à 4F40 centimes. C'est encore un peu cher, surtout si votre taux de conversion est faible (avec 1.5%, cela met tout de même le coût d'acquisition du client à 293 F: mieux vaut lui en vendre beaucoup et souvent pour que l'investissement soit rentable...). Mais le système n'en est qu'à ses débuts et l'on peut supposer que si votre site est bien réalisé, votre taux de conversion pourra s'élever. Cela réduira considérablement le coût d'acquisition de chaque client. Et avec la naissance de systèmes concurrents, le coût pour 1000 affichages pourrait encore baisser.

Google n'est pas seul - D'autres moteurs de recherche (Askjeeves, Goto, entre autres) proposent des systèmes publicitaires philosophiquement proches de celui de google. Ces offres de publicités textuelles et "ciblées" en fonction des buts de visite des internautes semblent d'ores et déjà beaucoup plus efficaces que les publicités classiques et sont particulièrement adaptés aux portails et aux moteurs de recherche à fort trafic.

Malheureusement, à première vue, les sites "de contenu" ne peuvent utiliser ce modèle, fondé sur la fourniture de renseignements par l'internaute sur ses centres d'intérêt du moment, à travers le moteur de recherche. Mais il ne faut pas désespérer...

Comment les sites autres que les moteurs pourraient exploiter ces formes de publicité ?

Le moteur de recherche interne ...- Pour un site de type e-magazine, à fort trafic (les sites à faible trafic peuvent oublier la publicité comme source importante de revenus...), l'on peut bien sur s'inspirer du système google lorsque l'utilisateur utilise le moteur de recherche interne, soit en gérant sa base d'annonceurs, ou, mieux, en affichant chez soi les pubs fournies par google ou un de ses pairs, avec un partage équitable des revenus. Gageons que les moteurs lancés à la conquête des parts de marché de pub textuelle se lanceront bientôt dans la syndication de leurs bandeaux...

... Et la navigation classique - Mais plus encore, les éditeurs de sites peuvent vendre comme mots clé les termes relatifs aux catégories qu'ils offrent... Ainsi, des annonceurs peuvent acheter de l'espace dans la catégorie multimédia d'un grand journal, et sélectionner les pages appartenant à des sous catégories données, afin de faire correspondre le message au plus près des centres d'intérêt du prospect. Ainsi, là encore, la pub passe du statut de perturbation à celui d'information à valeur ajoutée.

Plus vous arriverez à cibler des annonceurs sur des segments précis de votre site, avec des messages textuels particulièrement adaptés à votre lectorat, plus votre "clickthrough rate" augmentera et plus vous pourrez espérer afficher des prix de vente d'espace (Coût pour Mille) élevés.


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