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L'aful et l'april, deux associations de promotion du logiciel libre.

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La page OSS d'alain lefebvre

Journée du logiciel libre du 5 mars 2001 - le bouquet du libre sur le site de la MTIC

Un point réaliste sur le logiciel libre
Pour garder un peu d'esprit critique vis à vis de ce phénomène
page créée le: 21/03/2001 - mise à jour: 01/06/2001
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Résumé: Le logiciel libre suscite des réactions parfois enthousiastes, ou craintives, voire carrément hostiles, aboutissant à des discours parfois sans nuance sur la nécessité de l'adopter ou non dans les organisations. Il convient de faire la part des choses, et d'analyser plus finement le phénomène du logiciel "open source" au delà des idées reçues, pour savoir quand on peut et quand il ne vaut mieux pas l'adopter.

Les principales caractéristiques du logiciel libre:

Un logiciel libre est un logiciel donné ou vendu avec son code source, selon une licence dont les termes permettent légalement la copie, la revente ou la diffusion sans frais supplémentaire du logiciel par tout acheteur initial. En outre, cette licence interdit que des intérêts privés accaparent un logiciel libre et en fassent un produit "propriétaire".

Dans la pratique, vous pouvez donc soit acheter un logiciel libre à un éditeur qui vend du service autour (prestation d'ingéniérie, documentation complète, formation, etc...), soit vous procurer gratuitement le logiciel par un tiers en toute légalité et vous débrouiller pour l'installer (en autant d'exemplaires que vous voulez) et l'apprendre. Si vous devenez expert, vous pouvez même à votre tour vendre du service d'ingéniérie autour de ce logiciel.

Vous pouvez également faire modifier une partie du code source du logiciel pour l'adapter à vos besoins si nécessaire, à condition que ces modifications soient à leur tour versées au domaine public.

nb. pour en savoir plus sur le logiciel libre, également appelé "open source", rendez vous sur le site de l'AFUL ou de l'APRIL. Sachez que l'essentiel des logiciels qui permettent au réseau internet de fonctionner sont libres.

L'engouement d'un certain microcosme pour le logiciel libre

Aujourd'hui, on constate l'engouement d'un certain nombre d'informaticiens et de décideurs pour le logiciel libre, parfois pour d'excellentes raisons, parfois de façon plus contestable. Le logiciel libre vire parfois au sujet de "guerre de religion informatique", comme par le passé le fut la grande question "mac ou PC", au point que certains caciques du libre prônent des solutions extrémistes pour encourager leur diffusion, allant jusqu'à réclamer leur adoption obligatoire par l'administration (ce qui serait une erreur, nous le verrons plus loin).

Au contraire, d'autres personnes résistent à l'introduction du logiciel libre dans leur structure, et enfin une majorité croissante de spectateurs intéressés mais encore craintifs par rapport à cette tendance se posent la question de savoir s'ils doivent ou non faire confiance au logiciel open source pour leurs projets.

En ces termes, le problème est mal posé - La question n'est pas de savoir s'il faut ou non adopter le logiciel libre, elle est de déterminer comment tirer partie de l'émergence de ce courant logiciel parfois complémentaire, parfois concurrent au logiciel "propriétaire" et commercial classique, pour optimiser les performances de votre système d'information en fonction de vos besoins.

Pour ce faire, il convient de garder une position nuancée sur le phénomène, et de connaître les forces, les faiblesses (sur lesquelles les pro-logiciel libre oublient souvent de communiquer) et les évolutions attendues du monde du logiciel libre pour pouvoir à chaque instant prendre la meilleure décision en fonction de vos objectifs.


Les forces théoriques du logiciel libre, et à quelles conditions sont elles bien réelles.

Le modèle de développement open source - Pour comprendre ces forces, il faut se pencher sur la façon dont le logiciel libre est développé. A la base, un chef de projet ou une société publie sur internet, sur des sites connus des programmeurs (comme sourceforge.net), un logiciel, ou un embryon de programme, avec son code source, et lance un appel à tous les développeurs du monde intéressés par le produit pour y ajouter des fonctions, ou en améliorer le code, ou en réaliser des versions multilingues, etc... Puis les développeurs postent des contributions, qui sont analysées, déboguées par l'ensemble de la communauté constituée autour du logiciel, et enfin validées par le chef de projet quand elles atteignent le niveau souhaité de performance et de fiabilité.

Pourquoi des développeurs s'intéressent ils, souvent gratuitement, à de tels projets, alors qu'à priori le fruit de leur travail est gratuit ?

  • Pour le fun, la satisfaction de participer à un projet communautaire, ou centré sur leurs intérêts et que l'offre commerciale propriétaire ne satisfait pas.
  • Pour l'amour du "beau code", élégant et optimisé.
  • Pour changer de leur quotidien de développeur dans des sociétés de soft propriétaire classique ou dans des SSII où ils ne s'éclatent plus...
  • Pour une ligne sympa sur le CV
  • Pour se positionner comme offreur de service autour du produit fini.
  • etc...

Avantages : la force de la communauté - Ce mode de développement apporte plusieurs avantages théoriques:

  • Le logiciel libre est pérenne, car aucune société commerciale ne peut décider d'en suspendre le développement. Le code source étant toujours disponible, il est toujours possible de le faire évoluer.
  • Le logiciel libre est performant, car les programmeurs qui y participent mettent un point d'honneur à produire du bon code.
  • Le logiciel libre est fiable pour la même raison. En outre, la disponibilité immédiate du code rend son débogage plus rapide, alors que les erreurs constatées dans certains logiciels propriétaires mettent parfois plusieurs mois à être corrigées.
  • Le logiciel libre assure une meilleure sécurité contre le piratage, les virus, ou la dégradation de vos données, pour la même raison que ci dessus: quand un trou de sécurité est découvert, la communauté de développeurs du logiciel trouve la faille très vite et la correction est souvent disponible dans les jours, voire les heures suivant l'apparition du problème. Peu de logiciels propriétaires peuvent en dire autant.
  • Enfin, le logiciel libre est bon marché car, au service que vous achetez autour du produit, ne vient pas s'ajouter de coût de licence.

Une nécessaire masse critique - Malheureusement, ces avantages n'existent que si la communauté de développeurs constituée autour d'un projet est suffisante. Or, il semble que l'on assiste à l'apparition de nombreux projets peu soutenus et donc de qualité très inférieure. Les logiciels en question sont mis dans le domaine libre par des société qui espèrent ainsi les sortir d'une certaine confidentialité, profitant de l'engouement médiatique autour du mouvement open source, et vendre du service autour de ces programmes.

Il n'y a pas que des logiciels "star" comme Linux ou Apache soutenus par des milliers de programmeurs, dont de nombreuse "pointures". Certains programmes sont "open source" mais n'en ont plus les qualités traditionnelles. A l'avenir, logiciel libre ne sera plus nécessairement automatiquement synonyme de programme de qualité. Il faudra trouver d'autres critères pour distinguer les bons produits des mauvais.

Y-a-t-il un nombre de programmeurs à partir duquel on peut considérer qu'un logiciel libre est un bon projet ? Lors d'un colloque sur le sujet, un consultant a pris le risque d'avancer (en aparté) le chiffre de 50-70 développeurs dont une dizaine "très bons" à proportion relativement élevée de leurs temps, avec un chef de projet de top niveau, pour garantir un développement de bonne qualité. Ce chiffre est à prendre avec précautions, d'autant plus que l'information n'est pas toujours évidente à trouver (il parait que le site sourceforge donne des indications à ce sujet, mais je n'ai pas réussi à les y trouver...). En tout cas, beaucoup de projets open source ne jouissent pas d'un tel soutien, ce qui les fragilise.

Les tactiques des sociétés commerciales impliquées dans le logiciel libre

Logiciel libre et chiffre d'affaires - Pour gagner de l'argent avec un code source gratuit, les sociétés structurées autour du logiciel libre développent deux tactiques:

1- Développer des logiciels très techniques, nécessitant des compétences pointues pour être administrés, et donc générateurs de ventes de service.

2- Développer des logiciels dont les "couches basses" (la tuyauterie informatique) sont développées autour du logiciel libre, mais dont l'interface utilisateur ainsi que les autres constituants clé en rendant l'utilisation plus ou moins aisée, sont constitués de modules tout ce qu'il y a de plus propriétaires, l'ensemble étant vendu selon un modèle classique.

Si certains pourront estimer que cette deuxième façon de faire constitue un dévoiement de la philosophie du logiciel libre, il faut comprendre que tant les éditeurs que les consommateurs ont tout à y gagner:

Des couches basses robustes et libres, qui le plus souvent manipulent des données dans des formats libres de droits, sont une garantie de performance et de fiabilité globale du produit, et pour l'éditeur permettent une baisse des coûts et un raccourcissement des temps de développement. Quant au fait que des interfaces soient propriétaires mais faciles d'utilisation, il permet d'envisager l'arrivée de produits semi-libres accessibles à tous les utilisateurs (et pas uniquement des programmes pour bidouilleurs fous...) tout en permettant aux sociétés qui prennent le temps de les développer de vivre.

Le tout "libre et facile à utiliser" n'est pas pour demain - Il ne faut pas se faire d'illusion: si une société investit de l'argent pour développer des programmes 100% open source qui ne nécessitent aucun service pour être employés, elle court au devant de graves difficultés. La société Eazel, qui a développé une interface visant à faciliter l'emploi de linux (pas du luxe...) selon des principes complètement altruistes, a du cesser son activité, faute de revenus.

La plupart des intervenants présents lors de la journée du logiciel libre organisée le 5 mars par la Mission pour les Technologies de l'Information et de la Communication (MTIC) étaient formels: un système d'information 100% logiciel libre n'est envisageable ni à court ni moyen terme (personne ne se risque à prédire l'avenir au delà...) sauf dans les rares structures où tout le personnel a un niveau informatique élevé (petites et moyennes SSII et éditeurs de logiciels). Il n'est donc pas réaliste de vouloir imposer un tel système d'information aux administrations.

La question qui se pose est donc de savoir comment introduire graduellement et avec discernement le logiciel libre dans une structure, et notamment une administration. Cela pose plus généralement le problème de la façon d'acheter des logiciels dans l'administration: selon quels critères, selon quelle procédure ?

Logiciel libre et administration

On l' a vu, les solutions libres seront soit

1- très "techniques" avec beaucoup de service nécessaire pour être opérationnelles.

2- soit très "packagées" et relativement faciles à paramétrer par les équipes internes, mais avec une composante propriétaire qui en grèvera le coût.

Imposer le logiciel 100% libre obligerait donc à privilégier le premier modèle comme solution unique d'équipement.

Le modèle 1, source de dérives - Hélas, de nombreux écrits (rapport Fontaine de 1992, et plus récemment publications internes des professionnels des marchés publics) ont montré que les projets d'informatisation publics qui subissaient le plus de dérives financières au niveau de leur coût d'achat, étaient ceux qui comportaient la plus grande part de prestations de personnalisation et de service associé. L'état semble incapable de maîtriser les budgets de ses opérations informatiques dès lors que le produit acheté (ou pire, spécifiquement développé) nécessite des adaptations lourdes.

D'après ces études très censées, l'intérêt de l'état (et des collectivités) se situerait plutôt dans l'achat de produits génériques du marchés, juste adaptés aux spécificités les plus caractéristiques du secteur public. De ce point de vue, le logiciel "propriétaire à couches basses libres" a toutes les chances de se montrer supérieur au logiciel 100% libre.

Le vrai coût d'un logiciel - A cette première source de surcoûts s'en rajoute une seconde rarement relevée dans les écrits officiels: la principale dépense liée a la possession d'un logiciel est constituée par la masse salariale de ses utilisateurs rapportée au temps qu'ils y passent. Le coût total de possession (TCO, "total cost of ownership") d'un logiciel ne comprend pas que l'achat des licences et le paramétrage, il comprend également les temps de formation initiale, continue, le temps d'utilisation, les appels au helpdesk, les temps passés à la résolution des problèmes, etc... Ces coûts représentent en général la majorité du TCO.

En contrepartie, les retours sur investissement liés à la possession du logiciel tiennent à sa capacité à répondre aux besoins de la structure dans des conditions optimales de productivité des utilisateurs. Comme pour un site internet, l'utilité et l'utilisabilité du logiciel sont deux éléments fondamentaux de sa rentabilité, au delà du seul coût d'investissement.

Des interfaces-utilisateur souvent perfectibles

Une informatique de techniciens pour des techniciens ? - Or, si une majorité de logiciels libres sont très puissants, leurs interfaces utilisateur sont rarement étudiées pour de simples utilisateurs. C'est assez logique: lorsque un logiciel n'est pas soutenu par une équipe de spécialistes en ergonomie, ce qui est fréquent, les développeurs ont tendance a créer des produits utilisables par eux mêmes, mais pas conçus "pour les nuls". Le défi qui se pose aux concepteurs de logiciels libres est de les amener au niveau de tous les utilisateurs... Mais on a vu plus haut que cela supposait une certaine "privatisation" pour espérer une viabilité économique.

Et Gnome, et KDE, alors ? - On me rétorquera que deux environnements graphiques ont été développés pour faciliter l'accès au fonctions du système Linux aux béotiens, j'ai nommé Gnôme et KDE, deux initiatives visant à rendre l'accès à linux "aussi simple que l'accès à windows".

Passons sur le fait que windows ait pu servir de modèle, il y aurait beaucoup à dire sur le sujet... Constatons que deux environnements graphiques, c'est un de trop. Passer d'une structure "gnôme" à une autre "plutôt KDE" sera relativement compliqué pour beaucoup d'utilisateurs.

Plus grave: devant les plantages à répétition de certaines démonstrations logicielles lors de la "Linux Expo" de février, de nombreux interlocuteurs (non concertés) m'ont confirmé que si la stabilité de Linux n'était pas en cause, celle de KDE et de Gnôme était encore imparfaite. Ah ? Voilà qui contredit l'image de fiabilité absolue des développements libres... De plus, il semblerait que certains programmes fonctionnent mieux sous un des deux environnements que dans l'autre, ce qui pose évidemment un problème pour équiper en logiciels une structure...

Point de vue de l'utilisateur "moyen" - Mettons nous à la place d'un utilisateur moyen, qui dans 95% des cas se fiche royalement des querelles "windows contre linux contre mac-os", à qui l'on dirait que l'on va remplacer windows, avec lequel il a plus ou moins péniblement appris à composer, par un logiciel "libre". Dialogue:

"et qu'est-ce que cela va m'apporter ?" , demandera-t-il ?

-et bien, on économisera 500F par an sur ton poste en licences microsoft, et tu auras de nouveaux outils encore meilleurs, parce que plus fiables, plus rapides, etc...

-C'est à dire que je ne fais que de la bureautique et de la messagerie, et un peu de web, alors, la rapidité, et la fiabilité (?), çà ne me pose pas trop de problèmes, voyez vous ?

-Ne discute pas, tu verras, çà se passera bien" (c'est en général comme çà que les informaticiens les moins préoccupés des utilisateurs leur font comprendre qu'eux seuls "savent" ce qui est bon pour la boite...)

Puis l'utilisateur découvrira qu'il devra réapprendre un nouvel environnement (formation: un jour pour le système et deux jours pour la bureautique standard, soit en coût global 3000 à 6000F selon le niveau du salarié), que le nouveau système plante de temps en temps ("c'est pas linux, c'est KDE !" - "et alors ?" - "t'occupes, puisqu'on te dit que le libre, c'est mieux !"), qu'il ne l'aide pas plus que l'ancien à se débrouiller en cas de problème, et qu'au final le nouvel environnement ne lui permet pas d'être plus productif que l'ancien... Après cela, expliquez lui que la migration était une absolue nécessité, et essayez de l'associer à de nouveaux projets d'informatisation !

Quels critères pour les choix informatiques des administrations ?

La petite caricature ci dessus et les arguments antérieurs montrent que le critère "libre" ou "pas libre", pris isolément, est un mauvais critère de choix d'informatisation des entreprises.

Doivent être pris en compte le coût global de déploiement et de possession du produit et sa capacité à répondre aux besoins des utilisateurs dans de bonnes conditions d'utilisabilité. Bref, il convient de remettre les objectifs stratégiques de l'entreprise ainsi que l'utilisateur final au centre des critères de choix de solutions informatiques. Dans cette perspective, logiciels libres et propriétaires doivent être mis en compétition, sans que leur appartenance a telle ou telle catégorie ne les disqualifie a priori.

Je ne sais pas ce qu'il en est dans le privé, mais dans le secteur public, il y a beaucoup de travail. En effet, les procédures d'achat de la fonction publique rendent pénibles l'organisation de tests utilisateurs sur plusieurs solutions, et la culture de calcul "global" des coûts (comptabilité analytique, comptabilité patrimoniale, compte d'exploitation,etc...) y est faible.

Des données en format ouvert - Le seul point sur lequel le maître d'ouvrage doit se montrer intransigeant sur le côté "ouvert" du produit est sa capacité à manipuler, par défaut, des données dans des formats ouverts et libres de droits. Ainsi, en conservant vos données, vous pouvez changer de solution logicielle ou de prestataire intégrateur si besoin est. Il est en effet consternant de voir que la principale raison qui rend difficile la mise en concurrence de Microsoft en matière de bureautique est la crainte de ne pouvoir récupérer les fichiers en provenance de partenaires extérieurs, Microsoft changeant ses formats (propriétaires, bien sûr) à chaque version de la suite office...

Quant à savoir si un logiciel "libre" tient ou non la route, il en va de même que pour un produit propriétaire, seule une analyse minutieuse quantitative et qualitative des références où le programme est en fonctionnement permet de savoir s'il est fiable, utilisable et répond aux besoins de ses clients. Dans le domaine du logiciel libre comme dans celui du produit propriétaire, les administrations n'ont pas intérêt à se montrer trop pionnières, mieux vaut adopter des solutions éprouvées. Ajoutons que lorsque l'on ne peut éprouver pour soi même une interface utilisateur, savoir qu'elle a été testée et approuvée en grandeur nature par d'autres est plus sécurisant que de devoir en développer une spécialement pour soi...

Les couches basses du web, domaine d'excellence du logiciel libre - S'il y a un domaine dans lequel le choix du logiciel libre parait de plus en plus incontournable, c'est celui des logiciels réseau (système d'exploitation serveur, serveurs internet, de messagerie ou de partage de fichiers, ...) . Dans ce domaine, linux, apache, sendmail, et bien d'autres, semblent avoir pris (définitivement ?) une sérieuse avance sur leurs homologues commerciaux. Ces projets ont fédéré de très importantes communautés de développeurs qui assurent leur qualité. Enfin, ces programmes s'adressent aux équipes informatiques et non à l'utilisateur final, leur complexité est donc surmontable (quoique même les chargés de maintenance de système d'information apprécient aussi des interfaces simples et productives...)

L'avenir du logiciel propriétaire est dans le libre... et vice versa.

Pour rendre utilisable un "noyau" informatique performant mais peu convivial, je reste persuadé qu'il vaut mieux investir dans une interface propriétaire mais limitant le temps de recours à des sociétés de service, que dans dans une "customisation" lourde sujette à toute les dérives et source de frustration pour l'utilisateur final.

Quant aux éditeurs de logiciels, leur intérêt est de plus en plus de construire des outils dont les couches basses seront fondées sur la bibliothèque impressionnante de modules "libres" disponibles, voire de contribuer activement à enrichir cette bibliothèque, et de se concentrer sur les modules permettant aux différentes couches basses et à l'utilisateur de communiquer entre eux dans les meilleures conditions. Ainsi, l'acheteur profitera du meilleur des deux mondes: des fondations performantes parfaitement éprouvées par des milliers de développeurs et d'utilisateurs, et des interfaces conçues par des équipes performantes et en prise directe avec les problèmes de vrais clients.

Certains grands noms viennent progressivement à ce modèle. Ainsi Apple, entreprise à l'esprit pourtant ultra propriétaire, a développé son nouveau système d'exploitation (Mac OS X) à partir de FreeBSD (un autre UNIX "concurrent" de linux, libre et tout aussi performant) et a développé au dessus des couches propriétaires en facilitant l'usage quotidien. On peut dire que grâce à cela, Apple a créé le premier système performant comme un Unix, et utilisable comme un Mac. Gageons que ce mode de développement sera une tendance lourde du logiciel commercial dans les cinq ans à venir.


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