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lu pour vous, "don't make me think, par steve krug, un livre qui explique très bien l'état d'esprit des utilisateurs du web.

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"are users stupid" par J.Nielsen

"the myth of stupid users" sur IT faifax.

Des souris et des internautes
observation des difficultés de vrais utilisateurs du web
page créée le: 27/01/2001
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Résumé: beaucoup de créateurs de sites sous-estiment les difficultés rencontrées par un grand nombres d'utilisateurs du web pour trouver ce qu'ils cherchent. En observant un large panel d'usagers du net, on découvre que leur seuil de tolérance à la difficulté est extrêmement bas: quiconque dessinera un site trop compliqué à comprendre perdra une grande partie de son potentiel de visiteurs, très rapidement.

observation de vrais internautes

Mon employeur participe à plusieurs salons annuels en mettant à disposition des visiteurs de son stand des ordinateurs reliés à internet, afin de présenter (en favoris) les principaux sites publics relatifs à l'environnement. Mais les consoles étant pleinement reliées au Net, le surf y est (presque) complètement libre. J'ai donc pu, depuis bientôt 2 ans, observer plusieurs centaines d'internautes de tous niveaux en situation réelle de surf et analyser les principales difficultés qu'ils rencontrent. cette observation n'est pas scientifique, il n'y a pas de statistiques ou de compte à l'unité près de chaque problème rencontré, juste une peinture générale du comportement des utilisateurs.

nb. les machines installées sont toujours des PC sous Internet Explorer 5 avec des souris à deux boutons, et parfois à roulette.

L'environnement informatique n'est pas convivial

Avant le design des sites eux mêmes, l'outil informatique est source de dérangement pour environ 20% des utilisateurs.

1. Souris à 2 boutons, ou à roulette - Les utilisateurs les moins expérimentés ou les moins attentifs ont tendance à intervertir clic droit et clic gauche, soit parce que la distinction entre ces deux clics n'est pas évidente, soit, de façon plus surprenante, parce qu' en surfant, la main bouge par rapport à la souris et le doigt se positionne sans y prendre garde sur le mauvais bouton. Dans ce cas, l'apparition du menu contextuel est très perturbante pour l'internaute: environ 50% des utilisateurs ayant cliqué par erreur sur le bouton droit ne comprennent pas immédiatement la cause de l'apparition du menu flottant, ne savent pas qu'il suffit de cliquer à l'extérieur de ce menu pour le faire disparaître, et croient que le site "attend une action particulière" de leur part.

Quant à la roulette, les utilisateurs les moins expérimentés essaient souvent de cliquer dessus et sont désorientés par le fait que souvent rien ne se passe.

Ces problèmes avec la souris réduisent considérablement la patience des utilisateurs qui y sont confrontés, et par là même l'attractivité du web pour ces personnes qui ne font pas partie des convaincus du web de la première heure.

conclusion sur la souris - cette observation m'a montré que l'approche d'Apple computers, qui livre ses machines avec des souris à un seul bouton, libre à l'acheteur expérimenté de la changer pour un modèle plus complexe, est bonne, alors que je la jugeais contestable. Windows, qui rend le deuxième bouton obligatoire (on ne peut pas le "simuler" par un clic gauche prolongé ou la combinaison "touche CTRL + Clic" ) introduit là une source de confusion pour les utilisateurs basiques, alors qu'il s'agit d'un plus incontestable pour l'utilisateur "habitué".

Quant à la roulette, elle ne devrait JAMAIS être cliquable, et ne devrait être proposée qu'en option pour ceux que cette fonctionnalité intéresse. Les services informatiques ne devraient jamais sélectionner un modèle à roulette pour leurs utilisateurs de base, les inconvénients en dépassent largement les avantages.

2. Le navigateur IE : trop d' icônes au comportement imprévisible - la barre de boutons d'IE 5 comporte quelques icônes (rechercher, historique, favoris), dont l'action déclenche l'apparition d'un "cadre" à gauche de la fenêtre de navigation dont une part non négligeable des utilisateurs ne saisissent pas le sens. C'est particulièrement vrai lorsque suite à un appui sur "rechercher", le site MSN apparaît dans une colonne de 100 à 200 pixels de large... Désastreux. La plupart des utilisateurs à qui cela arrive sont désorientés, tant il est vrai que les utilisateurs expérimentés n'utilisent pratiquement jamais ces icônes...

Conclusion sur IE: Microsoft devrait livrer IE avec une barre de bouton minimale, et laisser aux utilisateurs qui y trouvent un intérêt le soin de la personnaliser.


Les sites sont ils dessinés pour tous les utilisateurs ? hélas...

1.Les temps de chargements réels et perçus: l'ennemi numéro un de l'audience

Pour plus de la moitié des utilisateurs observés, on observe des réactions négatives (j'y reviendrai) si:

1- Il ne se passe rien avant 4 à 5 secondes. ceci se produit souvent si le serveur est saturé ou, pire, si le designer a encapsulé sa page dans un unique tableau, et que les engorgements du réseau retardent l'arrivée de la dernière balise </table>

2- La page ne parait pas utilisable avant 8-10 secondes. Ce la signifie que même si son affichage est incomplet à ce moment, il doit être suffisamment avancé pour que le haut de la page (partie visible à l'écran) soit correctement représenté, avec des options de "clic" intelligibles.

Trop de pages, dont la navigation est affichée essentiellement en mode graphique avec des images prédécoupées, ne sont intelligibles qu'une fois intégralement chargées, ce qui aboutit à des abandons de chargement précoces de la part des visiteurs. Les pages réalisées en mode plus textuel échappent plus facilement à cet écueil.

Si le chargement de vos pages longues est très progressif, vous pouvez vous permettre une certaine lourdeur... dans le bas de la page (illustrations, graphiques, etc...). En restant dans des limites raisonnables, il y des chances pour l'utilisateur parcoure le contenu moins vite que la page ne se charge. En revanche, pas de salut pour les pages de navigation (annuaires, plans de sites, catégories, etc...) trop lentes: l'utilisateur zappera très vite.

Quelles sont les réactions observées en cas de chargement trop long : Lorsque rien ne se passe à l'écran, la première réaction de l'internaute peu expérimenté est souvent de croire que "çà ne marche pas, il y a un problème". Dans ce cas, on observe un recours fréquent au bouton "back", ou aux favoris pour rechercher un nouvelle destination de visite.

Les réactions en cas de chargement trop lent sont plus variées. Si cela pardonne en général assez peu sur une page d'accueil nouvellement découverte par le visiteur, cela est moins grave au fur et à mesure qu'il visite le site: plus il reste, plus cela signifie que le contenu est en phase avec ses objectifs de recherche, et plus sa patience augmente. Toutefois, cette augmentation de tolérance n'est que graduelle: n'allez pas imaginer que vous pouvez dessiner une page d'accueil "light" et des pages internes obèses dès le premier niveau de navigation...

Si le temps de chargement de vos premières pages est trop lent, vous dissuaderez une proportion importante de visiteurs de continuer leur exploration, alors que votre contenu aurait pu en faire des visiteurs fidèles: des pages trop lourdes sabotent le travail des créateurs de valeur ajoutée. Pensez y toujours lorsque vous créez vos modèles de page.

2. "Où aller ?"

Le problème le plus évident constaté sur de nombreux sites où le visiteur vient pour la première fois est qu'il ne sait pas où cliquer.

En effet:

  • soit la première page comporte trop peu de liens identifiables. Par exemple seules des photos contiennent un lien hypertexte, sans que le message associé à ces photos n'incite au clic...
  • Soit au contraire la page d'accueil comporte trop de liens, ou des liens difficiles à déchiffrer, sans que certains soient mis en valeur par rapport à d'autres. Il est consternant de voir que de nombreux sites ne rendent pas clairement cliquable leur(s) principale(s) "proposition(s) de valeur ajoutée" sur la page d'accueil et mettent sur le même plan les informations sur la société, pour les investisseurs, le service après vente, etc...

Si par nature votre page d'accueil doit contenir de nombreux liens, (cas des boutiques aux nombreuses références, des annuaires, etc...), vous devez vous arranger pour faire en sorte de les regrouper de façon intelligente, et pour en promouvoir plus particulièrement certains, intelligemment choisis, de façon à provoquer un début de navigation presque instinctif chez les plus indécis.

Enfin, la mode est actuellement aux liens ni bleus ni soulignés dans de nombreuses créations récentes. Quelle que soit la plus value esthétique (?) d'un tel choix, il est toujours mauvais en terme de navigation: lorsque l'utilisateur est obligé de réfléchir aux endroits où il doit cliquer au lieu de simplement rester focalisé sur son objectif de navigation, il y a des chances pour que son capital patience vis à vis du site s'écorne rapidement s'il rencontre d'autres problèmes.

Faites que vos liens ressemblent à des liens: vos utilisateurs y gagneront en efficacité sur votre site, et donc en satisfaction.

Enfin, faites en sorte que votre moteur de recherche soit visible et performant. Pratiquement un tiers des internautes le recherchent en priorité, à l'exclusion de toute autre forme de navigation, si votre page d'accueil comporte de nombreux liens

3. to scroll or not to scroll ?

Au commencement du web, les premiers auteurs à avoir réfléchi à la question du défilement vertical des pages ont estimé qu'il ne fallait pas y avoir recours, car l'utilisateur y était peu habitué. Puis vers 1998, Jared Spool (uie), ayant constaté que la plupart des utilisateurs n'étaient plus gênés par le scrolling vertical des pages, écrivit cela était possible. La réalité, comme d'habitude, est plus nuancée: si la plupart des utilisateurs n'ont aucun problème avec le défilement vertical des pages de contenu textuel, une forte minorité (je dirais, un quart environ) ne pense pas à faire défiler les pages d'accueil ou celles essentiellement destinées à la navigation s'ils ne trouvent pas ce qu'ils cherchent en partie supérieure de l'écran. Par conséquent, les pages essentiellement dévolues à l'orientation du visiteur doivent présenter l'essentiel des propositions pertinentes de surf dans leur partie supérieure, sans quoi des contenus peut-être importants seront masqués à une part non négligeable des internautes.

4. La règle des 3 clics ou "comment embrouiller les designers avec des concepts erronés"

Si vous avez lu au moins une fois un mauvais article sur l'ergonomie web dans un magazine à 40 sous, vous connaissez sûrement la "règle des trois clics", qui dit que l'internaute doit trouver ce qu'il cherche en moins de trois clics depuis la page d'accueil. Cette règle, sortie d'on ne sait où, est encore régulièrement citée par de nombreuses sources.

Le problème est que l'observation des internautes révèle que cette règle est fausse. Une navigation efficace peut proposer plus de trois clics jusqu'au résultat final, à condition que le dès la première page, une piste plausible vers l'information recherchée soit repérable.

Si les clics sont :

  • identifiables
  • intuitifs
  • aboutissent à une page conforme à ce que le lien laissait supposer
  • aboutissent à des pages se chargeant rapidement

alors l'utilisateur n'aura que faire de savoir si il a cliqué 2 ou 7 fois pour trouver ce qu'il recherche. Les bons sites sont ceux qui délivrent graduellement une (ou plusieurs) piste(s) vers des niveaux de profondeur d'information différents susceptibles de satisfaire différents niveaux de curiosité, avec à chaque page de bonnes "solutions de continuation" de la navigation "en avant", où de bons moyens de revenir en arrière dans une arborescence si à un moment donné l'internaute sent qu'il s'éloigne de sa cible.

5. L'assimilation des contenus

Jakob Nielsen vous l'a assez ressassé, les utilisateurs ne lisent pas les contenus, ils les scannent, il les parcourent, et vous devez faire en sorte que les informations clé de vos pages puissent être embrassées en un coup d'oeil.

L'observation montre que cette assertion, considérée comme acquise par tout ergonome web qui se respecte, est vraie à 80%, mais que la réalité est toutefois plus complexe.

En fait, les utilisateurs commencent toujours par scanner la page sur laquelle ils se trouvent. Si la page sert essentiellement la navigation du site (accueil, page d'aiguillage), l'utilisateur risque assez peu de l'étudier en détail et il cliquera sur le premier lien semblant plus ou moins correspondre à son objectif de visite. En revanche, sur les pages de texte, si le lecteur est intéressé, alors il va alterner des périodes de "scanning" et des périodes de lecture attentive sur tout ou partie de la page.

Notamment, le fait de proposer en début de page un résumé des principaux contenus rend plus probable que le lecteur en ait une lecture attentive si cela correspond à ce qu'il est venu chercher.

nb. L'assertion comme quoi les gens scannent plus à l'écran que sur le papier n'est qu'à moitié vérifiée: les gens sont habitués à scanner de nombreux contenus imprimés, notamment la presse quotidienne, les pubs ou les écrits internes d'entreprise. La lecture rapide (plus ou moins efficace) n'est pas l'apanage des utilisateurs du web, c'est une tendance de comportement globale de l'individu d'aujourd'hui.

En tout état de cause, le fait de bien hiérarchiser vos paragraphes et d'utiliser à bon escient le gras, l'italique ou les listes à puce rend votre texte plus "scannable" et donc plus à même d'être lu attentivement si le résultat du premier parcours satisfait l'internaute. Pendant ces phases de lecture attentive, il est frappant de constater que de nombreux internautes (je dirais un bon quart) utilisent la flèche (pointeur de la souris) comme guide de lecture.

6. Afflelou, vainqueur de la nouvelle économie ?

Je déplore une tendance de plus en plus affirmée de certains designers de produire leurs textes dans des polices lilliputiennes, et pis encore d'utiliser des feuilles de style dans lesquelles les tailles des fontes sont codées en tailles absolues (pixels, syntaxe "px") et non en tailles relatives (points, syntaxe "pt"), ce qui empêche l'utilisateur qui sait le faire de redimensionner la taille des caractères à l'écran.

De nombreux utilisateurs sont rebutés par ces polices miniatures. Si vous les voyez se rapprocher de l'écran au point de s'y coller presque, c'est sûrement parce qu'ils ont du mal à déchiffrer ce qu'ils voient. Autant dire qu'il faut que le contenu soit très intéressant pour qu'ils condescendent à poursuivre très en avant leur lecture dans ces conditions.

Messieurs les designers, tous les utilisateurs ne sont pas comme vous des jeunes pleins d'avenir juste sortis de l'école Estienne, qui n'ont pas de problème de vision de près. Et même ceux qui ont une vue encore correcte aimeraient la conserver longtemps. Alors par pitié, codez vos polices en points et non en pixels, et évitez de descendre en dessous de 10 points pour une police sans serif dans vos paragraphes de texte.

Toutefois, les menus de navigation peuvent descendre un peu en dessous de cette limite. En effet, de courtes séquences de deux ou trois mots en bleu souligné (donc facilement repérables) ne sont pas vraiment gênantes pour les lecteurs, pourvu qu'elles ne soient pas la règle tout au long du site.

7. Que lisent ils en premier ?

Lorsque l'utilisateur parvient sur une page, l'observation de son regard ou du mouvement de la souris montre qu'il recherche d'abord du texte pour se repérer. Ce fait a été confirmé par des études "eye track" américaines (une micro caméra suit les mouvements de l'oeil pour savoir ce qui est effectivement regardé en premier), et apparaît évident à l'observation, et ce quel que soit la classe d'âge des visiteurs des sites (nb. Mon observation ne couvre pas de sites pour très jeunes enfants. Mais dès 10-12 ans, ce constat se vérifie parfaitement). Inutile par conséquent d'espérer attirer le clic de vos internautes en les bombardant d'icônes, de gifs animés ou de fonds d'écrans "léchés": il n'en ont cure, et ce n'est que gaspillage de bande passante. Donnez leur d'abord du bon texte. L'illustration n'est qu'un complément.

8 . Autres problèmes rencontrés par les internautes

  • Formulaires:
    les internautes éprouvent souvent des difficultés avec les formulaires, souvent très mal dessinés, avec pour résultat de nombreuses erreurs de remplissage. Parmi les fautes les plus fréquemment relevées, citons:

    1. les champs en trop grand nombre, et/ou répartis sur un trop grand nombre de pages,
    2. les libellés de champ peu clairs,
    3. pas d'indication du format de remplissage des champs,
    4. l'indication des champs obligatoires insuffisante,
    5. les champs obligatoires et facultatifs mélangés (au fait, des champs facultatifs, pour quoi faire, du point de vue du visiteur ?)
    6. le bouton valider ou rechercher peu identifiable,
    7. le bouton remise à zéro (au fait, à quoi sert il, celui là ?) situé avant le bouton de validation (très drôle...)
    8. les messages en cas d'erreur de remplissage sont rarement de nature à aider l'internaute à corriger son erreur
    9. un serveur trop lent qui tarde à renvoyer la confirmation de réussite de la saisie du formulaire.

(un excellent article sur l'ergonomie des formulaires est publié par lergonome.com)

Il est consternant de voir que ces fautes facilement évitables sont légion. Les ergonomes ne devraient pas manquer de travail dans les années à venir...

  • Les fenêtres multiples et la navigation "saute fenêtre"

    La plupart des utilisateurs "non avancés" d'informatique ne savent pas se débrouiller de plusieurs fenêtres de navigation, surtout lorsque le clic dans une fenêtre provoque une action... Dans une autre fenêtre !!! ouvrir une nouvelle fenêtre est donc plutôt une gêne pour l'internaute, et lorsque deux fenêtres interagissent dans le cadre d'un seul et unique site, le résultat est souvent catastrophique. Le seul cas où l'ouverture d'une nouvelle fenêtre se justifie est celui du "glossaire", où un terme technique est expliqué dans une petite fenêtre s'ouvrant de préférence en haut à gauche de l'écran sans être collée à son bord. dans cette nouvelle fenêtre, aucun lien ne doit être présent, et la seule interaction possible doit être ... Le gros bouton gris indiquant "fermer cette fenêtre" en gros caractères.

  • Le bouton "retour" inopérant

    Très clairement, tout artifice visant à rendre inopérant le bouton "back" du navigateur ("mouse trapping") est de nature à détériorer gravement l'expérience de l'internaute. Passons sur la mesquinerie du procédé qui consiste à essayer d'enfermer l'internaute dans un site pour augmenter artificiellement le nombre de pages vues, comme si cela pouvait le faire apprécier... mais surtout, le bouton "retour" représente facilement 20% des clics effectués par un internaute en situation de navigation courante. par conséquent, tout ce qui annihile ce bouton doit être proscrit.

    Et notamment, ouvrir les liens extérieurs au site dans une nouvelle fenêtre est néfaste. En effet, certains webmestres ont peur qu'une fois parti, l'internaute ne revienne plus... Mais si le lien que vous avez offert était de bonne qualité, alors soyez certains que vous obtiendrez un excellent taux de retour. Au contraire, en ouvrant une fenêtre supplémentaire, vous créez de la confusion chez les moins expérimentés. Alors une bonne fois pour toutes, ne faites rien pour retenir artificiellement l'internaute sur votre site, et laissez vivre le bouton "retour".

  • Le web n'aide pas l'utilisateur en cas "d'erreur"

    L'une des caractéristiques qui rend un système plus ou moins utilisable est sa capacité à prévenir les erreurs et à permettre à l'utilisateur de se récupérer en cas de mauvaise manipulation ou d'action impropre. Le moins que l'on puisse dire est que le couple "ordinateur + web" ne répond pas vraiment à cette définition. Appui sur le mauvais bouton de la souris, clic sur un mauvais lien, remplissage de formulaire erroné, mais aussi, hélas, mauvaise programmation des javascripts, erreurs 404, 403, 405 (toute la gamme Peugeot y passe...), impossibilités temporaires de connexion... Le web fourmille d'occasions ou le résultat d'une action n'est pas celui attendu par l'utilisateur et laisse celui ci parfois très désorienté. Aussi le dessin d'un site doit-il être pensé en permettant autant que faire ce peut de rassurer l'internaute. Celui ci doit sentir très rapidement qu'en cas de mauvais clic, il pourra simplement revenir un pas en arrière et recommencer, sans souci majeur de compréhension de l'erreur commise. Force est de constater que très peu de sites respectent ce principe.

Conclusions

Aucun internaute ne percevra toutes les difficultés décrites ci dessus. Mais si votre site accumule les fautes de conception, alors tout utilisateur, même expérimenté, en rencontrera quelques unes et en ressentira une gêne.

Certaines situations décrites ci dessus paraissent incroyables. Seule leur observation permet de les mettre en évidence, aucun ergonome, si intelligent soit-il, ne pourrait les imaginer de sa seule réflexion. Lorsque j'expose certains comportements d'utilisateurs à des développeurs web, ceux ci me regardent incrédules et me disent : "non, ce n'est pas possible, il n'y a pas d'utilisateurs aussi stupides ?"

Mais les utilisateurs ne sont pas stupides. Les difficultés rencontrées le sont par des enseignants, des étudiants, des cadres, des employés, des agriculteurs, des médecins, des maires de france, des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, de toute condition, de tout profil.

Il faut bien comprendre que si vous êtes un lecteur régulier de veblog, vous faites sûrement partie des 20% de surfeurs les plus aguerris, puisque vous vous intéressez à des problèmes de professionnels du web. Mais la plupart des utilisateurs actuels du net, et plus encore ceux qui y viendront prochainement n'ont pas le même niveau de pratique que vous, et mieux encore, n'ont aucune envie de faire l'effort nécessaire pour devenir des "pros" du surf. Ils veulent une valeur ajoutée rapide si possible sans trop "se casser la tête", et chercheront de moins en moins à résoudre les problèmes que vos site leurs poseront...

La façon dont votre site va ou non séduire vos visiteurs se compare un peu à un jeu vidéo ou le héros (l'internaute), à la quête du graal (le contenu qu'il recherche), dispose d'une réserve de vies (la tolérance et la patience vis à vis du site qu'il visite) limitée. A chaque fois qu'il rencontre une difficulté, sa réserve de vies diminue, à chaque fois qu'il rencontre une "pépite" (un contenu intéressant), sa réserve se reconstitue partiellement. Mais attention, la réserve de patience est très variable au début du jeu selon les individus, et certaines fautes de conception l'épuisent très vite. Et lorsque la réserve atteint le niveau zéro, alors "the game is over", et ce souvent de façon définitive.

Pour permettre à une majorité d'utilisateurs d'accéder à votre valeur ajoutée, point de salut en dehors de sites très utilisables !


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