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2.
Produire du bon texte sera toujours moins cher
!
Même
si le prix des caméras numériques
chute, et même si des logiciels comme
i-movie
permettent à tout un chacun de se prendre
pour le roi des effets spéciaux, le
coût de production d'une page de texte sera
toujours beaucoup plus faible que celui de
l'équivalent vidéo ou animation flash
nécessaire pour faire passer la même
quantité d'informations. De plus, le nombre
de gens capable d'écrire de bons textes sera
pendant encore très longtemps
supérieur à celui de ceux capables de
produire des séquences "rich-media" de
qualité.
Par
conséquent, nombre d'acteurs du net, qui
auront besoin ou envie de diffuser de
l'information, préféreront produire
du texte, éventuellement enrichi
d'illustrations simples (photos, graphiques), que
du contenu "rich-media", moins facile à
financer et à rentabiliser.
3.
Dans de nombreux cas, l'utilisateur
préférera une information sous forme
textuelle sur internet.
Les
détracteurs de mon argumentation
précédentes me rétorqueront
que même si les producteurs d'information
préfèrent produire du texte, les
consommateurs s'orienteront plus vers des contenus
"rich media" car ceux ci seront plus attractifs,
moins austères, et que cela forcera les
producteurs d'information à suivre. Si tel
était le cas, la presse quotidienne et
magazine serait morte depuis longtemps face
à la télévision. Il n'en est
rien. En effet, le texte bien écrit est un
merveilleux outils pour diffuser et surtout
recueillir de l'information:
- Le
texte permet une densité d'information
que la vidéo ne peut approcher. Des
études ont montré que les 35
minutes de journal télévisé
empliraient à peine 4 pages d'un
quotidien. L'information "rich-media" reste
généralement superficielle par
rapport à son équivalent textuel.
- Le
texte est lu au rythme souhaité par le
lecteur. Celui ci peut lire d'abord rapidement
puis approfondir la lecture des passages
intéressants, revenir en arrière,
lire uniquement la conclusion... La vidéo
et l'animation se déroulent
linéairement dans un ordre et à un
rythme voulus par le concepteur. Revenir en
arrière sur un passage intéressant
nécessite des manipulations moins simples
que celles consistant à revenir au
début d'une page textuelle.
- Avant
de visualiser une information sur Internet, il
faut la rechercher (cf. paragraphe suivant).
Cette séquence de recherche,
nécessairement chronophage du fait de la
nature foisonnante du net, nécessite une
concentration et une posture active de
l'utilisateur qui l'oblige à se
rapprocher de l'écran. Or du fait de la
faible résolution des écrans
vidéo, les séquences
animées paraissent moins parfaites, moins
"lisses" de près que de loin. Il en
résulte (phénomène
régulièrement constaté mais
à ma connaissance pas
démontré, j'en conviens) que
visionner une vidéo ou une animation de
près sur un moniteur informatique est
plus fatiguant que sur une
télévision à quelques
mètres, à temps de consultation
égal. Par conséquent, seules les
séquences relativement courtes (quelques
minutes maximum) seront visibles au cours d'un
surf sur internet sans lassitude. Pour la
vidéo à la demande ou autres
produits de consommation à "durée
longue", internet sera simplement utilisé
comme le tuyau acheminant les informations
jusqu'à la TV de l'utilisateur
final.
4.
Pour trouver une information sur Internet, rien ne
vaudra de bonnes vieilles indications
textuelles.
Tout
surf sur internet peut se résumer à
la succession des séquences
suivantes:
- Recherche
d'information par mots clés et/ou en
"suivant une piste" vers le contenu
désiré (suite de liens
hypertexte)
- "Ingestion",
consommation, acquisition de l'information
recherchée.
- Redémarrage
d'une nouvelle séquence de recherche en
1. et ainsi de suite...
L'expérience
actuelle sur internet le prouve: on n'a rien
trouvé de mieux que des liens hypertexte
textuels, bien libellés et bien
identifiés (bleu souligné) pour
indiquer à un internaute la piste vers une
information. Les icônes, les "trucs"
clignotants ou les métaphores artistiques se
révèlent bien moins performants, car
souvent moins compréhensibles par le
lecteur. Même le jeune public, sensé
préférer les images ou les gadgets
fun sur internet, préfère en fait
utiliser le texte pour naviguer dans un site (cf.
cette
étude,
citée par J.Nielsen).
Tant
que les techniques de reconnaissance vocale et
d'intelligence artificielle (pour
interpréter les demandes orales des
internautes) n'auront pas atteint une certaine
maturité (et ce n'est pas pour demain,
surtout pour le second volet), la lecture de liens
textuels restera l'instrument
privilégié pour trouver une
information bien précise.
5.
Que déduire de tout ceci pour imaginer que
sera l'internet efficace d'après demain
?
La
futurologie est un exercice périlleux, et
sans doute la réalité sera-t-elle
légèrement différente de ce
que l'on peut imaginer aujourd'hui. mais de tout ce
qui précède, on peut déduire
que l'internet efficace sera
composé:
1.
D'un "squelette" à dominante textuelle,
nécessaire pour retrouver l'information
désirée, permettant
d'accéder à...
2. ...Des "consommables" beaucoup plus
variés qu'aujourd'hui.
Ces
"consommables" pourront prendre les formes
suivantes:
- texte
seul, ou illustré de simples photos,
graphiques et illustrations.
- texte
enrichi de petites séquences
animées (vidéo ou de type "flash")
apportant des valeurs ajoutées
ponctuelles
- petites
séquences animées seules
(vidéoclips, comics)
- Séquences
vidéo de longue durée: dans ce
cas, l'Internet ne sera qu'un outil de convoyage
de données bien plus qu'un média
de communication interactive et
personnalisée.
- Jeux
en réseau.
- applications
informatiques en réseau (de la
bureautique au commerce électronique en
passant par l'e-formation...).
- etc...
Les
deux premiers types de contenus resteront
très attractifs pour les utilisateurs du
fait de leurs qualités intrinsèques:
densité d'informations
véhiculées, souplesse d'utilisation,
faibles coûts de mise en uvre et donc
d'accès. Aussi que les journalistes, ou
producteurs de sites personnels textuels, ou
propriétaires de sites de commerce
électronique "basiques" se rassurent: ils ne
seront pas dépassés de
sitôt.
Quant
à ceux qui se spécialiseront dans la
production de contenu "Rich Media", il faut leur
souhaiter que les éditeurs de navigateurs
progressent dans la capacité à
produire des outils intégrant sans
difficultés la lecture de texte, d'images
fixes, et de séquences animées, de
vidéos, et le passage facile de l'un
à l'autre, sans recours à des
plugs-ins dont le téléchargement
reste une corvée, dont la plupart des
utilisateurs voudront de moins en moins s'acquitter
(la tendance est déjà très
nette: ils mettent de moins en moins à jour
leurs plug-ins). Sans quoi persistera un des freins
majeurs à l'utilisabilité (donc
à l'acceptation) de ces contenus par les
internautes.
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