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sur veblog
l'expérience utilisateur, clé du succès des sites web

ailleurs sur le web
axance, les spécialistes français des tests, partenaires du groupe Nielsen-Norman

Jakob Nielsen a abondamment écrit sur le sujet : citons entre autres
systematic methodes to improve user interfaces qui traite prioritairement de logiciel mais aborde incidamment la problématique du web

et aussi why do you need to test with only 5 users

Jared spool aussi traite abondamment la question: "8 (testers) are more than enough"

pourquoi le test est il très supérieur au "focus group" ? beyond the focus group, par system-concepts

22 autres liens sur les tests sur usableweb

Comment tester son site internet, et pourquoi ?

7 règles de base pour réaliser de bons tests d'utilisabilité de site

page créée le: 28/10/2000
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résumé : Pourquoi tester un site ? Parce que ça rapporte gros! Et c'est compliqué ? non ! Et cela coûte cher ? Que nenni ! Pourquoi ? Comment ? Combien ? Quand ? Voici brièvement décrits les fondamentaux du test d'utilisabilité de site internet.

Pourquoi tester l'expérience des utilisateurs sur son site internet ?

La facilité d'utilisation d'un site est un critère essentiel de satisfaction des visiteurs. Avec la qualité du contenu et la confiance dégagée par le site, c'est l'un des trois facteurs clé qui fait revenir les internautes sur un site et qui lui permet donc de générer des revenus, directs ou indirects.

Cette facilité d'utilisation, ou "utilisabilité", peut se décomposer en trois volets

1. La facilité d'apprentissage : sur internet, le temps d'apprentissage du fonctionnement d'un site doit être proche de zéro pour tout visiteur, tant celui ci aime à trouver facilement ce qu'il est venu chercher. Or, contrairement à ce que l'on trouve dans l'industrie du logiciel, où les "guides de programmation des interfaces utilisateurs" de Microsoft et d'Apple ont fixé des normes relativement bien respectées par les éditeurs, il n'y a pas de standard de présentation unique des sites web. Aussi l'utilisateur doit il réapprendre une nouvelle interface à chaque fois qu'il découvre un nouveau site, et son impatience naturelle (et grandissante !) ne lui donne aucune envie de passer du temps à découvrir le mode d'emploi.

Par conséquent, la capacité pour l'utilisateur de comprendre instantanément quelle est la proposition de valeur ajoutée du site, et comment en bénéficier, est essentielle

2. La productivité du site pour les utilisateurs fréquents : Il convient que ses fonctionnalités (délivrance d'information ou services interactifs) permettent à l'utilisateur d'accomplir les tâches qu'il s'était fixées avec un maximum d'efficacité et un minimum d'interrogations ou de stress.

3. La prévention des erreurs, et le "pardon" : une interface utilisateur, quelle qu'elle soit, doit réduire au maximum les possibilités pour l'utilisateur de faire des erreurs, et doit facilement permettre de réparer les conséquences d'une erreur lorsqu'elle survient. Sur un site comportant une forte interactivité (e-commerce, chat, e-mail, enchères, remplissage de formulaires, etc...), ce critère est essentiel: en effet, un utilisateur qui commet une erreur difficile à réparer gardera d'un site le souvenir d'une très mauvaise expérience-utilisateur...

D'après Jakob Nielsen, des tests d'utilisabilité, conduits avec une bonne méthodologie et au bon moment dans le planning de votre projet internet, permettent d'améliorer les performances d'un site dans les proportions suivantes par rapport à un site pour lesquels aucun test ne serait conduit :

  • Facilité d'apprentissage : plus de 100 %
  • Efficacité des utilisateurs fréquents : plus de 25%
  • Erreurs : division par plus de 5 du nombre d'erreurs commises par les utilisateurs.

(nb. Nielsen cite ces résultats dans le cadre de tests conduits pour des interfaces de logiciels en précisant que sur internet, les potentiels d'amélioration sont supérieurs)

Ajoutons à cela que l'amélioration de la compréhension initiale d'un site a des conséquences importantes sur la volonté de l'utilisateur de poursuivre son investigation, donc une influence très bénéfique sur le taux de transformation de ses premiers visiteurs en visiteurs réguliers, ceux qui génèrent des revenus.

Les bénéfices attendus d'une campagne de tests d'utilisabilité sont donc énormes. Pourtant, mon surf quotidien me montre qu'à l'évidence, 90% des sites professionnels mis en ligne n'ont jamais été correctement testés. Serait-ce trop complexe de tester un site ? Ou trop cher ?


Un test utilisateur "standard" est simple.

7 règles essentielles caractérisent un bon test utilisateur :

1. Un bon test doit se faire avec de vrais utilisateurs, appartenant aux cibles visées par votre site, et surtout pas avec des employés de votre structure (exception : votre intranet, bien sûr) qui connaissent trop bien vos conventions de langages, vos produits, ou votre organisation structurelle, et qui de ce fait trouveront d'usage évident des parties du site peu compréhensibles par de vrais prospects. Plus encore, vous ne devez jamais faire tester votre site par des membres de votre équipe projet, car on ne peut jamais être juge fiable d'un projet dans lequel on est fortement impliqué.

2. Les utilisateurs doivent réaliser de véritables tâches pendant le test. Il ne doivent pas simplement "faire joujou" avec le site, sans but particulier. Ces tâches doivent être représentatives des différentes fonctions que le site est supposé remplir auprès de ses prospects. Un test d'utilisabilité doit être en mesure de déterminer si les utilisateurs arrivent à résoudre des problèmes spécifiques.

3. Les testeurs doivent être placés dans les conditions réelles rencontrées par la majorité des utilisateurs: accès par modem 33.6 ou 56 kbps, écran 15 ou 17 pouces, matériel d'âge moyen, netscape et IE dans des versions multiples, sauf si votre site s'adresse à des cibles bien spécifiques des milieux informatiques (designers, graphistes, développeurs) qui utilisent souvent des matériels plus évolués. Les tests sur ordinateur connectés au câble sont à proscrire tant le facteur "temps de chargement" est essentiel pour l'internaute.

4. Les essayeurs doivent être en confiance : c'est le site qui est testé, pas le testeur ! ! Il ne faut pas que celui-ci se dise "qu'il doit à tout prix y arriver" ou qu'il soit incité à masquer sa perplexité devant une difficulté sous peine de "paraître ridicule"

5. Pendant le test, vous devez observer l'utilisateur sans jamais le guider ou l'aider, et cette règle du jeu doit être claire dès le départ. Dans la vie, les vrais utilisateurs de votre site n'ont pas une personne près d'eux pour les aider. En cas de blocage, notez l'événement, mais ne donnez jamais la solution avant la fin du dernier test (saufs événements extérieurs au test comme un plantage de windows, bien sûr...)

6. Incitez vos testeurs à penser à voix haute pendant l'exercice (mais sans les agresser). Cela vous permettra d'identifier les causes des incompréhensions ou des hésitations des visiteurs et d'y trouver plus simplement des remèdes. Par exemple, vous découvrirez si les utilisateurs recherchent vos contenus là ou vous vous y attendiez, ou si les libellés de vos liens sont suffisamment clairs, ou trompeurs, etc...

7. Cinq utilisateurs suffisent ! cela peut paraître surprenant, mais avec 5 utilisateurs, vous découvrirez 80% des problèmes d'utilisabilité de votre site, souvent les plus importants, les plus représentatifs, et tout utilisateur supplémentaire ne vous amènera que très peu de nouvelles découvertes. (voir pourquoi avec J.Nielsen)

Si vous disposez d'un budget pour tester votre site avec 10 ou 15 utilisateurs, votre intérêt est de réaliser deux ou trois tests avec des panels de 5 utilisateurs différents, en effectuant les corrections nécessaires entre chaque test.

Ainsi, vous pourrez :

  • Découvrir de nouveaux problèmes non apparus lors du premier test, car masqués par les problèmes les plus importants.
  • Savoir si vos corrections ont vraiment résolu les problèmes rencontrés, sans amener avec elles de nouvelles contrariétés.
  • Étudier des testeurs qui progresseront plus loin dans le site que lors du premier test, car les premières "barrières" à l'accès à votre offre auront sauté : vous pourrez ainsi découvrir des problèmes situés plus en profondeur dans le parcours de navigation des utilisateurs.

Qui peut conduire le test ? Combien cela coûte t'il ?

Comme vous avez pu le voir, conduire un tel test n'a rien de difficile : 5 vrais cobayes (simultanés ou successifs), une personne (pour chaque essayeur) qui observe et se tait pendant que le testeur pense à voix haute, et voilà. Nul besoin de diplôme d'ergonome pour conduire ce type d'évaluation. Vous pouvez le faire vous même sous réserve de trouver de vrais utilisateur. Si vous préférez confier cette tâche à un professionnel, un test d'utilisabilité basique devrait vous revenir nettement moins de 100.000 Francs.

Vous pouvez acheter des prestations plus évoluées en utilisant les services de laboratoires équipés de caméras "eye-track", d'enregistreurs de parcours de l'internaute (parcours de souris, temps de réaction, etc...) ou effectuer des tests dans plusieurs pays (tant il est vrai que les mêmes couleurs ou les mêmes expressions n'induisent pas les mêmes réactions d'un pays à l'autre), mais si les enseignements ainsi obtenus seront plus complets, le rapport "coût/résultats obtenus" risque d'être moins performant que pour un test basique.

Quelques limites du test utilisateur "basique":

Ces limites tiennent à la différence d'état d'esprit entre un testeur et un véritable utilisateur. Lorsqu'un problème imprévu se pose à un testeur, sa première tendance est d'essayer de se concentrer et de le résoudre sinon à tout prix, du moins avec conviction. Vous ne pouvez en aucun cas attendre la même patience d'un véritable internaute : celui ci, si votre site lui "prend la tête", ira tout simplement voir ailleurs, ou abandonnera sa recherche très rapidement. L'un des risques du test-utilisateur est donc de sous-estimer la gravité de certains problèmes d'utilisabilité découverts.

Seconde limite : en indiquant des tâches prédéfinies au testeur, vous l'affranchissez au moins partiellement de l'obligation de comprendre tout seul à quoi sert le site et ce qu'il peut en attendre. Vous risquez donc de sous estimer les problèmes d'identification de la valeur ajoutée amenée par le site à l'internaute. Une solution consiste à fournir au testeur les énoncés des exercices successivement et non dès le début du test, et que le premier exercice proposé à l'internaute soit relatif à cette identification de valeur ajoutée.

Quoiqu'il en soit, les difficultés perçues par les utilisateurs réels seront toujours supérieures à celles vécues par les testeurs. Aussi ne devez vous jamais sous-estimer un problème jugé apparemment mineur lors d'un test, et vous attacher à le résoudre comme s'il pouvait compromettre à lui seul la qualité de l'expérience vécue par les internautes sur votre site.

Quand tester ?

De soit disant experts ont tellement répété que "pour être gagnant dans la nouvelle économie, il faut être le premier", que de nombreux investisseurs ont lancé des sites à la va-vite et sans test, en se disant qu'ils corrigeraient ultérieurement les imperfections relevées. C'est une attitude extrêmement dispendieuse et surtout commercialement suicidaire (cf. Boo.com...). Les vainqueurs ne sont pas les premiers, ce sont les premiers à prodiguer à l'internaute une bonne expérience-utilisateur dans leur secteur (et à réussir à le faire savoir...après).

Un site arrivé en seconde, troisième ou énième position sur son marché peut rejoindre, voire enterrer ses prédécesseurs en améliorant la qualité de l'expérience utilisateur servie aux internautes. Le succès de google, un moteur de recherche arrivé sur un marché très encombré par les yahoo, altavista, go, excite, hotbot, voilà, etc... et ce sans une seule campagne de publicité lors des deux premières années d'existence, en est la preuve la plus éclatante : En proposant un moteur de recherche qui faisait ce que l'utilisateur était venu lui demander (trouver de l'information) et en ne faisant que cela, mais bien, ce service est devenu l'un des tous premiers dans le monde au point de licencier sa technologie à Yahoo.

De plus si vous avez une marque établie dans la "vieille" économie, être le premier à deux mois près sur internet par rapport à votre concurrence est secondaire, le tout est que vous soyez meilleur.

Lancer un site sans l'avoir testé, et sans avoir appliqué des préceptes basiques de bonne ergonomie lors de sa conception, va détourner de lui ses meilleurs clients, à savoir les premiers, les "leaders de consommation". Ces clients sont impatients d'utiliser un service comme le vôtre, pourvu qu'il soit bon, et créent les premières tendances du bouche à oreille autour de votre service. Vous aurez beau redessiner votre site, récupérer ces clients là sera très difficile et vous coûtera très cher.

Un site doit être testé avant son lancement, mais dans la phase terminale de sa conception, quand la quasi-totalité des pages sont prêtes. Cela suppose que les moyens de conception de votre site (bases de données, etc...) soient suffisamment souples pour pouvoir effectuer de profonds changements à votre projet si besoin est. Si vous en avez les moyens, vous pouvez même développer plusieurs prototypes de votre site et les tester séparément, mais reconnaissons que cela est réservé aux structures à gros budget. La phase de test, comme vous l'avez vu, est très simple à mettre en œuvre et les modifications à apporter au site après chaque test peuvent souvent se faire assez rapidement. Ces tests et leurs suites opérationnelles retarderont donc votre lancement de façon minime mais, pour un coût modique (et très inférieur à toute campagne de publicité), ils optimiseront vos chances de succès. N'oubliez pas qu'une expérience-utilisateur de qualité créé autour de votre site une spirale vertueuse du succès (cf. sur veblog : L'expérience-utilisateur, clé du succès des sites internet) en renforçant l'efficacité de vos actions promotionnelles, en créant un bon bouche à oreille, en générant des visites répétées et donc des revenus.

Aucun site professionnel ne devrait être lancé sans avoir été soumis à l'épreuve du test utilisateur et sans atteindre un niveau d'utilisabilité suffisant. Négliger l'utilisabilité d'un site est le plus sur moyen de perdre l'argent de ses investisseurs.

Enfin, après le lancement, vous devrez continuer à étudier finement vos retours (fichiers logs, taux de conversion, messages, etc...) pour continuer à faire des ajustements mineurs qui régleront les difficultés rencontrées par les vrais utilisateurs et sous estimées par les tests.

Si votre projet constitue un redesign d'un site existant, vous tirerez le plus grand profit à tester cet existant aussi, pour évaluer la profondeur des changements que vous devez apporter à votre site, et pour ne pas complètement jeter aux orties ce qui marche déjà...

Conclusion : tester est indispensable

Tant les maîtres d'ouvrage que les concepteurs de site ont parfois du mal à reconnaître l'utilité de la phase de test avant lancement dans la conception d'un site Internet. Par méconnaissance ("c'est long, c'est cher, ça ne vaut pas un test grandeur nature, il faut être les premiers..."), les maîtres d'ouvrage ne pensent pas toujours à imposer cette contrainte à leurs prestataires concepteurs. Les seconds hésitent parfois à proposer d'intégrer des tests dans leur planning, soit par méconnaissance de ce qu'est un test-utilisateur (les compétences des web-agencies à ce sujet sont... très variables), soit par infatuation, soit par peur qu'une telle suggestion induise chez le maître d'ouvrage un doute sur la compétence du prestataire : s'il a besoin de faire tester son travail par d'autres, est il compétent ?

Un bon chef de projet web doit savoir passer au dessus de ces préjugés et se rappeler qu'un test utilisateur, c'est mieux que le loto, "c'est facile, pas cher, rapide, et ça peut rapporter gros". Le test-utilisateur est une étape indispensable vers le succès sur Internet.


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