|
Quand
utiliser (quand même) flash ? Pour quels
contenus ?
Du
fait de ce qui précède, certains
auteurs, et non des moindres, (Jakob Nielsen, Alain
Lefèbvre, entre autres) recommandent de ne
jamais utiliser flash sur un site professionnel. Je
serai moins affirmatif que ces "grandes
signatures", car dans certains cas très
particuliers, je crois que flash correctement
déployé peut améliorer
l'expérience des utilisateurs.
Pour
quelles utilisations? Flash a été
initialement créé pour
générer des séquences
animées relativement légères.
Or certains contenus s'adaptent parfaitement
à ce schéma:
Dans
le cas d'Elf et de Wanadoo, les séquences
flashées ne sont pas reliées aux
parties les plus "utilitaires" du site mais
constituent plutôt un
à-côté distrayant. Est-ce
rentable pour ces deux sociétés ? Je
ne sais pas, mais en attendant, ces animations
procurent un certain plaisir à leurs
utilisateurs. Dans le cas d'Ikéa, il s'agit
plutôt de montrer grâce à une
animation la simplicité du montage des
produits maison, et de fournir un support en ligne
complémentaire aux notices classiques.
- Sites
artistiques: Dans des niches de
marché très particulières
(sites d'artistes...), il peut être
valorisant d'exposer certains contenus de
façon avant-gardiste. Mais attention,
cela ne s'applique jamais à des sites
destinés à être rentables.
Ces sites doivent plutôt être
considérés comme une
résurgence luxueuse des sites "plaquettes
publicitaires" des débuts de l'internet.
Ce type de site touchant
généralement des publics
très limités, il conviendra tout
de même de mesurer l'utilité de
l'investissement, car des contenus "flash" de
qualité coûtent cher.
- Séquences
animées, "story-telling", notamment
à vocation humoristique, encore que dans
ce cas, une bonne vieille BD puisse obtenir le
même effet, de façon plus
accessible.
Bref,
les bonnes questions à se poser sont: "une
animation est elle justifiée pour ce type de
contenu ? Pourrait-on obtenir un résultat
identique sans animation ?"
Si vous répondez "oui" à la seconde
question, alors oubliez Flash, tant il est vrai que
l'utiliser pour la navigation dans un site, pour
des contenus pour lesquels l'animation
n'amène aucune valeur ajoutée, ou
pour des pages "tunnel", constitue une perte de
temps pour l'internaute et une perte d'argent
sèche pour l'investisseur du
site.
10
règles pour intégrer des
séquences en flash à un site
Bien
intégrer des séquences Flash à
un site ne s'improvise pas. Pour éviter de
détériorer
l'expérience-utilisateur de votre site
à cause de cette technologie, respectez
quelques règles simples:
1.
N'utilisez flash que pour mettre en valeur des
contenus pour lesquels l'animation amène
une valeur ajoutée incontestable (cf.
paragraphe précédent), et ne
lésinez pas sur la qualité
des-dites animations.
2.
Votre site doit être visible sans
flash. Flash ne doit être
utilisé que pour des séquences
précises, incluses à
l'intérieur de pages en HTML
simple.
3.
Proposez toujours une alternative "sans
flash". Ainsi, un résultat proche de
celui obtenu par une animation peut être
obtenu par une succession d'images fixes
commentées, ou par quelques
schémas.
4.
Faîtes en sorte que la navigation sur
votre site amène d'abord l'utilisateur
sur la variante "sans flash" de votre contenu,
et que la séquence flashée
apparaisse comme une option, une plus value
offerte à l'utilisateur qui goûte
volontiers à ce genre de page. Le passage
par une page flashée ne doit jamais
apparaître comme un passage obligé.
les pages intégrant des séquences
en doivent apparaître comme les
"itinéraires bis" de votre
site.
5.
N'utilisez pas de script de détection du
plug-in flash pour forcer la navigation vers la
version flashée de vos animations. Ce
n'est pas parce que l'utilisateur possède
flash qu'il veut systématiquement
l'utiliser. De nombreux utilisateurs,
lorsqu'ils ont le choix, privilégient la
version "simple".
6.
Sur la page en amont de celle contenant la
séquence animée, les messages
d'annonce doivent être clairs:
"Vous
trouverez ci dessous une série de
schémas expliquant le montage de ce
meuble. Si vous le préférez, vous
pouvez accéder à une notice
animée que vous pourrez visionner si
vous disposez du plug-in flash (version 3 ou
ultérieure). Si vous souhaitez plus de
renseignements sur flash, cliquez ici"
(lien vers une page générale
où vous placerez une animation "test"
pour les visiteurs qui ne savent pas si ils ont
flash sur leur machine, et où vous
expliquerez ce qu'est flash et comment on peut
l'installer. Un lien vers la page de
téléchargement du site de
Macromédia sera bien sur
présent).
7.
Placez des animations lisibles par une ancienne
version de flash. Les utilisateurs sont de plus
en plus réticents à mettre
à jour leurs logiciels, et mettent
souvent plusieurs mois à changer de
version... Quand ils le font. La version 2
permet de toucher les utilisateurs les plus
rétifs à la mise à jour, la
version 3 est un compromis
acceptable.
8.
Sur la page contenant l'animation, le moyen
de sortir (lien de retour vers l'alternative
non flashée) doit être
très facile à
trouver.
9.
Placez dans les métabalises de vos pages
embarquant du flash des repères
"no-index" visant à empêcher leur
référencement par les moteurs de
recherche. Vous éviterez aux utilisateurs
novices de se retrouver directement sur une page
flashée dont le fonctionnement leur
paraîtra d'abord obscur, et vous ne
donnerez pas à croire à la
communauté grandissante des anti-flash
que votre site nécessite absolument flash
pour être vu.
10.
N'intégrez pas de séquence
"flashée" aux parties de votre site
impliquant le plus d'interactivité avec
vos visiteurs (panier d'achat, processus de
paiement, etc...). Ce serait
générateur d'erreurs et d'abandons
du site, car beaucoup d'internautes ne voudront
ou ne pourront faire l'effort de concentration
supplémentaire requis pour utiliser
simultanément des fonctions interactives
et des animations.
Ces
conseils de simple bon sens sont tout à fait
transposables à l'usage d'autres
"plug-ins", et notamment ceux permettant la
diffusion de vidéo ou de vues à 360
degrés des objets (Real Player, Quicktime,
Quicktime VR, etc...).
5
règles pour réaliser de bonnes
animations en flash.
Là
encore, il ne suffit pas de savoir se servir du
logiciel de création d'animations pour
proposer des séquences de qualité.
Voici quelques unes des caractéristiques que
doivent respecter les séquences
flashées pour ne pas
détériorer l'expérience
utilisateur:
1.
bande passante: après un temps de
chargement initial raisonnable (5 à 10
secondes, 15 à 30 ko), votre animation ne
doit pas exiger plus de bande passante que le
débit d'un modem en heure moyenne,
à savoir 2 à 3ko par seconde.
Ainsi le déroulement de l'animation
apparaîtra-t-il "naturel" et
fluide.
2.
contrôle: Permettez à
l'animation de se dérouler suivant deux
modes: un mode "normal" où l'animation se
déroule au rythme que vous avez
prévu, et un mode
"décomposé" en petites
séquences unitaires que l'internaute
pourra dérouler à son rythme.
N'étant pas flasheur, j'ignore s'il
existe une possibilité de moduler le
rythme de l'animation en fonction du souhait de
l'internaute, mais si oui, utilisez là
(à bon escient, c'est à dire de
façon compréhensible par un
utilisateur "normal"). Donnez le
contrôle de l'animation à
l'utilisateur!
3.
Concentrez les "effets spéciaux"
là où se situe leur valeur
ajoutée. Évitez les effets de
manche gratuits, et notamment les "agaceries
sonores" particulièrement honnies des
"flashophobes".
4.
Donnez une possibilité évidente
d'arrêter l'animation, ou de la
recommencer si nécessaire.
5.
Une animation flash est comme tout
élément d'un site: elle se
teste ! n'hésitez pas à tester
son utilisabilité sur des "utilisateurs
normaux". (cf.veblog, "pourquoi
et comment tester votre
site")
Conclusion:
Diaboliser
flash à l'extrême, comme sont
tentés de le faire certains auteurs, me
paraît vain. En effet, la technologie existe,
et on n'empêchera pas de nombreux
créateurs ou des maîtres d'ouvrages de
se sentir flattés de l'utiliser. Mieux vaut
que ceux qui le veulent essaient de tirer de cette
technologie ce qu'elle a de meilleur, en en
combattant les utilisations les plus
clinquantes.
Il
en va de l'usage de flash comme des autres
technologies: si on l'utilise uniquement pour
flatter l'ego du designer ou du maître
d'ouvrage, on va droit au désastre. Si on
place résolument l'usage de flash dans
l'optique d'améliorer l'expérience de
l'utilisateur, alors on peut éviter les
erreurs les plus grossières et aboutir
à des résultats
intéressants.
mai
2001
Pour
en savoir plus, voyez le
livre blanc sur l'uilisabilité de
Flash
de Flazoom.com, traduit en Français par
veblog.
|