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3.
La patience des internautes ira en diminuant (il y
aura toujours les pages "rapides" et les
autres...)
Les
premiers tableurs (années 70) étaient
très lents, mais ils apportaient une telle
valeur ajoutée à l'utilisateur que
celui ci pouvait attendre plusieurs dizaines de
secondes pour un calcul un peu conséquent.
Et puis le tableur s'est banalisé, la
concurrence s'est installée, et aujourd'hui
nous ne supporterions pas un logiciel qui nous
imposerait des temps de calcul insupportables. Il
en ira de même avec Internet.
Aujourd'hui
l'internaute patiente 10 à 15 secondes pour
une page (8 selon forrester research, qui constate
déjà une baisse du "délai de
patience" de l'internaute). Mais demain, les pages
que les designers auront cru bon d'"enluminer", et
de surcharger de vidéos et autres animations
"flash", seront placées en concurrence avec
les yahoo (et autre veblog, qui sait...) dont les
temps de chargement via un accès "rapide"
n'excèderont pas... Une ou deux secondes.
Les utilisateurs d'internet supporteront d'autant
moins les temps de chargement élevés,
et leur seuil de patience chutera
encore.
Pour
ces trois raisons, jusqu'en 2005 au moins, les
designers de pages destinées à
être rentables devront veiller à
produire des pages
légères.
De
même, la vidéo de qualité
à la demande sur internet n'est pas pour
demain car:
1.
Les protocoles actuels de l'internet sont
inadaptés à la transmission de
signaux continus.
Il
ne suffit pas d'augmenter le débit du
réseau pour y transmettre de la voix ou de
la vidéo. Le protocole actuel de
transmission des données sur internet (IP,
version 4 pour les intimes) a été
conçu pour transmettre du texte ou
éventuellement de l'image fixe. Pour ce
faire, il découpe l'information en paquets,
qu'il envoie par des chemins différents du
serveur à l'utilisateur, de façon
désynchronisée. C'est le navigateur
du visiteur qui se charge de remettre les paquets
dans le bon ordre. Cette désynchronisation
n'est pas gênante car pas réellement
perceptible à l'oeil.
Il
n'en va pas de même pour la voix ou la
vidéo: ceux qui se sont essayé
à la téléphonie par internet
ou à la réception d'émission
vidéo ont pu juger de la médiocre
qualité de service offerte par internet dans
ces domaines: signaux saccadés, et
utilisation inconfortable.
Le
passage à la version 6 du protocole IP
devrait améliorer cette qualité de
service, en permettant d'acorder une
priorité plus élevée aux
signaux "sensibles" (c'est à dire ceux pour
lesquels l'émetteur acceptera de payer plus
pour une transmission meilleure, ne nous leurrons
pas.). pour ceux qui veulent en savoir plus sur ces
nouveaux protocoles, je vous conseille
le
numéro de février 2000 du magazine
"la recherche"
et plus particulièrement les articles du
dossier "spécial internet")
Malheureusement,
force est de constater qu'IPv.6, maintes fois
annoncé, n'est toujours pas prêt
à être déployé. info
du 05/09/2000: D'après M. J.M.Cornu,
membre de l'internet society,
IPV6 ne sra totalement déployé
qu'en...2010.
2.
La demande de vidéo en ligne à la
demande, si elle se concrétise, fera
exploser les besoins de bande passante.
Aujourd'hui,
un internaute passe 23% de son temps à
charger des pages, et 77% à les lire (source
keenvision,
la page semble avoir disparu). Le chargement des
pages s'effectuant à environ 3ko/s en
moyenne, la consommation moyenne de bande passante
par internaute est donc de 3x0.23#0.70
ko/s.
Le
visionnage de clips en résolution
"plein-écran" demande 1,5
mégabits/seconde de débit, soit 175
kilo octets/seconde ! Et il s'agit de débit
permanent, sans temps de repos. par
conséquent, un internaute vidéaste
consommera 175/0.7= 250 fois plus de bande passante
qu'un internaute actuel. Si la diffusion
d'informations par vidéo sur internet,
devenait la norme, il faudrait donc multiplier par
250 la bande passante globale... à nombre
d'internautes constant, et encore, en supposant que
la proportion d'internautes connectés
simultanément n'augmente pas !! à
raison de 50% d'augmentation annuelle de bande
passante, ce sont donc 14 ans (au minimum) qui
seront nécessaires pour donner au
réseau les performances nécessaires
pour transmettre de la vidéo à la
demande, au standard de qualité d'image
actuel. certaines avancées technologiques
(meilleurs algorithmes de compression, ip v6,... )
peuvent laisser espérer un léger
raccourcissement de ce délai, mais
guère mieux.
accessoirement,
de nouveaux usages de l'internet "B2B" induiront de
plus grands besoins de bande passante. Il s'agit
essentiellement d'échanges de données
automatisés entre différents
systèmes informatiques, et entre
différentes sociétés (chaines
de montages calibrées en temps réel
en fonction de l'état des stocks et des
commandes, correction automatique des cotes de
fabrication en fonction des problèmes
rencontrés au niveau du contrôle
qualité, etc...). Ces échanges de
données croîtront de façon
exponentielle dans les années à
venir, essentiellement par la
nécessité d'optimiser la
productivité des échanges
"inter-entreprises" (fabricant/ sous traitant/
distributeur/ SAV/ comptable/etc...), et par
conséquent, une part non négligeable
de l'acccroissement des capacités du
réseau leur sera
réservée.
3.
la télévision "classique" va
progresser
Pendant
que le réseau des réseau tentera de
grossir, les opérateurs de
télévision classique ne resteront pas
les bras croisés: satellites ou
réseaux cablés permettront la
diffusion d'un nombre croissant de canaux, avec
programmation en fonction des demandes du public,
et on assistera à une augmentation de la
qualité de l'image (haute résolution,
16/9ème, ou meilleure fréquence de
rafraîchissement des images) et donc du
confort de vision du télespectateur, ce qui
rendra d'autant moins attrayante la visualisation
d'un signal de qualité plus faible sur
internet.
Conclusion:
quel internet dans les prochaines années
?
Dans
les 5 prochaines années, Internet restera
pour la majorité de ses utilisateurs un
médium essentiellement textuel, au sein
duquel les technologies d'illustration et
d'animation visuelles et sonores ne seront que des
instruments d'appoint visant à mettre en
valeur une partie spécifique du contenu. Au
delà, la vidéo gagnera un peu de
terrain, mais sous des formes
altérées par rapport au signal TV, ce
qui fera des sites utilisant ces technologies des
canaux complémentaires aux TV classiques, et
non directement concurrents. On peut ainsi imaginer
qu'un gros opérateur de
télévision achète plusieurs
dizaines de canaux de diffusion de TV par
satellite, et utilise son site internet pour sonder
les préférences des spectateurs en
matière de programmation, ou mesurer leur
indice de satisfaction, et inonde ainsi ces canaux
de programmes adaptés aux souhaits de la
majorité ("personalisation de masse"). On
peut également imaginer que le couple TV+
magnétoscope (ou plutôt DVD) gagne un
peu d'intelligence et permette de programmer
l'enregistrement de façon automatique de
films inscrits sur les "listes de
préférences" ("wishing lists") par
les abonnés via internet , au moment de leur
diffusion, et contre un paiement à peu
près identique à celui d'une location
de cassette à l'heure actuelle.
Enfin,
d'ici 10 ans au plus tôt, Internet commencera
à devenir un canal crédible de
diffusion de signal vidéo en continu,
à des coûts permettant à des
petites structures de diffuser leurs programmes,
avec une qualité correcte mais moindre que
celle des grandes chaines, et visant des publics de
niche prêts à de légères
concessions dans ce domaine pour se nourrir de
contenus spécifiques.
En
revanche, on peut envisager un bel avenir pour la
téléphonie ou la vidéophonie
(en image basse qualité) via internet
dès 2005-2006, à condition qu'IP
version 6 soit enfin déployé, et que
le support de ces technologies sur nos appareils
(téléphones, ordinateurs,
"net-appliances") les rendent plus faciles à
utiliser que maintenant.
En
attendant, si vous voulez être rentables
aujourd'hui, préparez l'internet de demain
si cela vous chante, mais servez celui
d'aujourd'hui à vos visiteurs!
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