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11 règles de base pour créer des sites faciles à utiliser

page créée le: 12/08/2000 - mise à jour : mars 2002
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Résumé: Réaliser des sites faciles à utiliser est crucial pour y fidéliser un public. Pour ce faire, il convient de respecter quelques règles essentielles simples (condition nécessaire mais pas suffisante).

la liste ci dessous n'est hélas pas exhaustive... Seul l'essentiel y est.

1. créez des liens privilégiant le texte, aux libellés clairs, sans "devinettes" ou messages cachés, avec une présentation standard.

Imaginez que dans un supermarché, les rayons soient indiqués par des icônes au lieu de texte. Il y a fort à parier que les clients auraient beaucoup plus de mal à trouver leurs produits, car chaque personne n'associerait pas la même signification à chaque icône que celle imaginée par son concepteur.

Le professeur Jared Spool arrive exactement à la même conclusion sur internet: il a constaté que les utilisateurs trouvaient plus facilement de l'information sur un site quand les liens étaient rédigés en texte, par rapport à des icônes, ou même par rapport à des icônes accompagnées d'un libellé textuel. De plus, ces liens textuels sont d'autant plus efficaces qu'ils donnent une idée suffisamment précise de la page vers laquelle ils pointent: il convient donc, contrairement à ce que croient certains designers, d'éviter les titres de liens qui "posent une énigme à l'internaute". Sur un site "utilitaire", celui-ci n'aime pas être distrait futilement de l'objectif personnel qui l'a amené là.

Enfin, il convient de présenter les liens de façon standard: le soulignement est quasi indispensable, la couleur bleue est préférable pour les liens non visités, ainsi que la couleur violette (ou éventuellement rouge) pour les liens visités. Certains designers, en supprimant cette distinction de couleur entre liens visités et liens "vierges", privent l'utilisateur d'une information très utile pour se repérer dans un site, spécialement s'il est volumineux.

2. Des temps de chargement aussi réduits que possible:

Le milieu des designers de sites internet utilise fréquemment des liaisons à haut débit (câble, ADSL) et oublie souvent que 95% des internautes accèdent au web par un modem limité en vitesse maximale de 4 à 7 kilo octets par seconde, soit 2 à 3 kilo octets réels par seconde en heure moyenne. Les prévisions les plus optimistes prévoient un taux de pénétration des accès à haut débit inférieur à 40% en 2004.

La patience de l'être humain n'est pas illimitée. Il y a un an, on considérait qu'au delà de 10 à 15 secondes d'attente, les internautes risquaient fortement d'interrompre le chargement d'une page. Une étude récente de Forrester Research vient de montrer que désormais, la zone dangereuse commençait à 8 secondes. celà correspond grosso modo à 30 kilo octets de données par page.

Un site efficace doit donc tout faire pour réduire le temps de chargement de ses pages. Et le moyen le plus économique et le plus efficace d'y parvenir consiste à dessiner des pages légères, avant même de songer à acheter un serveur puissant où à s'offrir un hébergement très haut de gamme.

Pas convaincu(e) ? deux anecdotes:

  • J.nielsen cite dans son ouvrage "designing web usability", l'exemple de provenedge.com qui a vu le taux d'abandon de chargement de ses pages passer de 25-30% à 7-10% simplement en allégeant le poids maximal autorisé des pages de 40 kilo-octets à 34 kilo-octets (soit environ 10s de chargement à 33600 kbps).
  • Le ministère de l'environnement a vu sa fréquentation augmentée de 68% en un mois (en septembre 1999) lorsque la page d'accueil est passée de 65K en mode graphique à 15K en mode textuel, et ce alors qu'aucune autre modification n'avait été faite sur le site. Cette augmentation s'est révélée durable.

Fixez-vous une limite de 30 Kilo-octets par page, vos utilisateurs apprécieront.

<mise à jour mars 2002> Vous aurez remarqué que cette page pèse environ 46 ko... la règle ci dessus est sans doute un peu trop simpliste, pour en savoir plus, lisez "temps de chargement, une question moins simple qu'il n'y parait" </fin mise à jour mars 2002>


3. des contenus écrits pour l'internet

Reprendre in extenso des contenus écrits pour le papier réduit leur acceptation sur internet. En effet, sur un écran d'ordinateur, support fatigant les yeux plus que le papier, les utilisateurs "scannent" les contenus plus qu'ils ne les lisent. Il convient donc de mettre en forme ceux ci pour les rendre adaptés à une lecture rapide:

  • usage de listes à puces,
  • réduction du nombre de mots (de 25 à 50%)
  • usage du gras comme moyen de mettre en valeur les mots clé.

Enfin, si vos pages sont un peu longues (comme celle ci), il est préférable d'indiquer en tête de page de quoi parle votre article afin d'indiquer immédiatement à l'internaute si sa navigation l'a conduit au bon endroit.

Enfin, tordons le cou à une idée reçue: aujourd'hui, l'utilisateur accepte parfaitement le défilement vertical des pages (même si le défilement horizontal lui fait toujours horreur). Il est donc possible de réaliser des pages "un peu longues", même si 5 écrans semble être la limite à ne pas dépasser.

4. Un schéma de navigation et un gabarit de page cohérent, informatif, mais simple tout au long du site

Les internautes utilisent plus volontiers les liens situés dans les zones de contenu que ceux situés dans les zones réservées à la navigation lorsqu'ils découvrent un site. Il n'est donc pas nécessaire de les bombarder à tout bout de champ de choix de navigation innombrables. En revanche, la certitude de retrouver à des endroits clé des éléments de navigation persistants et clairement identifiés (comme votre logo en haut et à gauche) sécurise l'internaute et facilite son repérage dans le site.

La composition des pages doit quant à elle permettre à l'internaute d'identifier facilement où il se trouve, et où il peut aller. Par contre, submerger l'internaute de zones comportant des choix de navigation non directement reliés au contenu de la page (navigation non "contextuelle") risque de semer la confusion dans la compréhension qu'il aura du site. Sur veblog, la navigation contextuelle (en rapport avec l'article lu) est clairement privilégiée par rapport à la navigation structurelle (des liens constants vers des grandes rubriques). Ainsi, l'internaute construit plus rapidement une représentation mentale inconsciente de l'architecture du site, ce qui facilite son usage.

5. Navigation: offrir des pistes vers l'ensemble des informations disponibles dès la page d'accueil

Dès la page d'accueil, il convient d'offrir (explicitement, cf règle n°1) des "pistes" permettant d'accéder en un minimum de clics à l'ensemble des contenus ou des fonctions accessibles sur un site. Là encore, le nombre, l'organisation et le libellé des liens présents sur la page d'accueil ainsi que sur les principales pages d'aiguillage de votre site seront des éléments cruciaux. de plus, il faudra éviter qu'une page ait un contenu correspondant mal au libellé du lien qui y a conduit. Jared spool (encore lui) a trouvé que l'internaute percevait d'autant moins la lenteur de chargement des pages que leur contenu correspondait à ce qu'il attendait en cliquant sur le lien amont. En revanche, ce temps lui paraissait insupportable s'il perdait à un moment donné "la piste de l'information" qu'il était venu chercher.

6. éviter l'usage intempestif de "plug-ins"

Afin "d'enrichir (?) le contenu multimédia" de leur site, certains designers obligent leurs utilisateurs à recourir aux services d'un "plug-in", logiciel additionnel généralement gratuit venant se greffer sur leur navigateur. Le cas le plus fréquemment rencontré est celui du site qui ne peut être vu qu'avec le plug-in "Flash", de la société Macromédia. Seul problème, 35 % des utilisateurs (septembre 2000) ne disposent pas de ce plug-in, ou d'une version ancienne, et une grande partie des utilisateurs n'installera pas ce type de logiciel pour les beaux yeux de votre site, surtout si un de vos concurrents l'en dispense. Les utilisateurs les moins férus de technologie (ceux qui veulent que leur ordinateur marche, point final - les plus nombreux) répugnent de plus en plus à télécharger ce genre de produit.

Nb. mise à jour juillet 2001: La proportion d'utilisateurs possédant une version de Flash a sans doute beaucoup augmenté en juillet 2001. Macromédia cite le chiffre sans doute optimiste de 92%. D'autres sources parlent de 80. La vérité est sans doute entre 85 et 90. Quant à la pénétration de la dernière version (version 5), elle est loin d'être achevée... /Fin de mise à jour.

Accepteriez vous de rentrer dans une boutique dont le contenu ne serait accessible qu'aux porteurs de lunettes de soleil ? Ne vous coupez pas d'une partie de votre clientèle pour les beaux yeux d'une technologie. permettez à vos utilisateur d'accéder à votre site avec une configuration standard.

De plus, moult sites en flash présentent des interfaces faiblement utilisables. Flash peut être utilisé dans certains cas très précis pour améliorer l'expérience utilisateur, mais 95% des sites utilisent cette technologie pour "la frime", et donc mal.

A ce sujet, lire "faut il brûler Flash" sur ce même site : les mauvais usages de Flash, dans quels cas pouvez vous utiliser Flash avec profit, comment bien intégrer des contenus Flash à un site, les erreurs à éviter.

7. évitez l'usage des cadres ("frames")

De nombreux sites encapsulent leurs pages internes dans des cadres dont l'un contient le contenu de la page et le ou les autres des éléments de navigation.

Les cadres rendent vos pages intérieures difficiles à inscrire dans les "signets" (ou "favoris") de l'utilisateur. De plus, elles induisent une manipulation certes simple mais non intuitive pour permettre leur impression. Enfin, lorsqu'un moteur de recherche pointe vers une page intérieure incluse en temps normal dans des "frames", l'utilisateur perd les éléments de navigation associés au site. Il se retrouve perdu, les designers oubliant souvent de faire figurer des éléments de navigation "de secours" sur les pages de contenu.

Plus prosaïquement, une proportion croissante d'utilisateurs expliquent détester les "frames", car ils réduisent artificiellement la suface de l'écran destinée au contenu, et rendent globalement plus malaisée la navigation.

Vous voulez un site facile à utiliser ? Oubliez les frames...

8. adaptez vous au matériel de vos visiteurs

Sur internet, vous ne connaissez pas la résolution d'écran de vos visiteurs, et vous ignorez s'ils surfent en utilisant une fenêtre "plein écran" ou "écran partiel". Le meilleur moyen de contourner cette difficulté consiste à créer des pages dont l'affichage est géré relativement à la largeur de la fenêtre de surf de l'internaute (solution choisie par amazon.com ou yahoo), ou alors adapté au plus petit écran généralement rencontré, soit 640 pixels de large (donc 580 réellement disponibles). Cette dernière option est retenue par veblog.

Les sites qui annoncent être "optimisés pour un écran 800X600" font preuve de mépris pour les préférences de l'utilisateur et se coupent des 13 % (aout 2000 - aux USA, je n'ai pas de statistique hexagonale à ce sujet) d'internautes encore contraints de surfer sur un écran de 640 pixels de large (fréquent en milieu professionel, ou le rythme de renouvellement des matériels n'est pas toujours élevé...).

Nb. Mise à jour juillet 2001 : aujourd'hui, les écrans 640x480 ne représentent plus que 4% des statistiques de veblog (ou encore 4%, selon le point de vue où l'on se place...), les écrans 800x600 environ 30% et les écrans 1024x768 environ 52%. Considérer le 800*600 comme écran minimal admissible n'est donc plus nécessairement une erreur grave sauf si vous visez un public important dans les pays en voie de développement (les configurations trouvées y sont parfois très anciennes) ou si vous êtes un service public (l'accès universel doit être la règle). Il est en revanche peu probable que les possesseurs d'écrans 640x480 soient de bons clients du commerce électronique, les sites d'e-commerce peuvent donc sans gros risque adopter le 800x600 comme écran de base, sauf si vous vendez des ordinateurs (le renouvellement des vieux matériels restant alors pour vous une cible de choix). /Fin de mise à jour.

De plus, l'optimisation pour des petits écrans améliore souvent la lisibilité sur les plus grands: l'être humain n'aime pas lire des textes sur de trop grandes largeurs. C'est pour celà que les journaux-papier utilisent des colonnes étroites pour présenter leurs contenus.

9. proposez un bon moteur de recherche... Ou pas de moteur du tout

Un nombre important d'internautes utilise prioritairement le moteur de recherche interne d'un site pour trouver de l'information (50% d'après Jakob Nielsen, plus modestement 33% d'après mes propores observations, réalisées dans des conditions moins scientifiques). Malheureusement, des moteurs proposant des listes de résultats mal présentées ou non pertinentes créeront une difficulté souvent rhédibitoire pour l'utilisateur de votre site. D'où l'alternative suivante: ou bien vous arrivez à proposer un moteur de bonne qualité (celà se teste, avec des utilisateurs "pilotes"), ou bien vous n'en proposez pas. Voir aussi cet article de veblog sur le moteur de recherche.

10. des pages faciles à lire...

Dieu merci, on ne rencontre plus guère de pages en caractères gris clair sur fond jaune. Toutefois, il n'est pas inutile de rappeler que l'emploi de caractères et d'un fond de page très contrastés sont indispensables. Le bon vieux couple "police noire/fond blanc" est encore le plus lisible. de plus, évitez, (comme macgénération.com), l'emploi de polices liliputiennes pour vos textes (en l'occurence verdana taille 1). Les utilisateurs ont parfois une vue moyenne.

D'après une étude récente, les polices arial et verdana en taille 2, arial en taille 3, ou times/times-new-roman en taille 3 présentent une bonne lisibilité générale. S'en tenir à ces quelques standards donne l'assurance de ne pas commettre d'impair.

11. ...Et faciles à imprimer !

Même les plus grands font des erreurs: les pages internes du site d'adobe (éditeur de logiciels) ne s'impriment pas sur toutes les configurations standard d'imprimante (essayez celle ci consacrée à l'éditeur de site web "golive") <Aout 2001 : défaut corrigé depuis environ 3 mois >. En cause, les caractères blancs sur un fond composé d'une image noire... Mais les impressions ne prenant pas toujours en compte les images de fond, l'imprimante va le plus souvent sortir un texte blanc... sur fond blanc !!

Autres erreurs fréquement recontrées: une largeur de page fixe et trop importante, qui "mange" les caractères à droite de la page au moment de l'impression, ou une page s'ouvrant dans une nouvelle fenêtre dont le designer a pris soin de désactiver la barre d'outils (essayez d'imprimer une telle page sous windows...), sans parler d'un mauvais emploi des feuilles de styles sur certains sites, dont les pages ne s'impriment qu'en les désactivant, ce que 75% des internautes ne savent pas diagnostiquer ou faire.

Testez l'impression de vos pages en conditions réelles, car de nombreux utilisateurs préfèrent lire attentivement les contenus qui les intéressent sur papier qu'à l'écran.

12. Dérogations.

le respect des règles ci dessus est une condition nécessaire, mais pas forcément suffisante, pour parvenir à créer un site facile à utiliser, et donc favorisant une bonne expérience-utilisateur. Appliquer des règles demande souvent une réflexion qui va au delà d'une mise en oeuvre "bestiale" de quelques recettes de cuisine. De plus, certains sites, très rares, peuvent se prévaloir d'une bonne "utilisabilité" en enfreignant certains de ces principes. Mais celà n'est possible que si le concepteur connait ces règles et sait pourquoi à un moment donné, il choisit de les transgresser. Des articles ultérieurs étudieront certaines dérogations envisageables.


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