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ailleurs sur le web
en français,
interview de F. Gaillard, ergonome chez axance.com, un des trop rares laboratoires d'"usability testing" de France.

J.spool, "pourquoi la recherche sur site craint"

creative good, "
dotcom survival guide", en anglais et au format pdf: un chapitre très intéressant sur la navigation des internautes, et un autre sur l'amélioration des performances des moteurs de recherche. Long à charger mais en vaut la peine.

J.Nielsen, "is navigation useful ?" - toujours des titres très provoc' chez Nielsen...

comment les utilisateurs naviguent dans un site
page créée le: 16/08/2000
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Résumé: pour dessiner des sites faciles à utiliser, il convient de connaître les réflexes de navigation les plus courants des internautes sur le web. voici le fruit de mes observations, éventuellement recoupées.

méthode d'observation :

La plupart des éléments ci dessous sont issus de l'observation du comportement d'internautes sur des machines disposant d'accès à internet en libre service sur des stands de salons et expositions, éventuellement recoupées par les résultats de recherches américaines.

1. navigation en avant/en arrière :

La plupart des internautes situent leur navigation sur un site par rapport à la page ou ils se trouvent: où peuvent ils aller, sur la piste de l'information qu'ils recherchent ? où peuvent ils revenir en arrière ? en revanche, il est extrêmement rare qu'ils "passent du coq à l'âne" en cours de navigation, et dans ce cas, le plus souvent, ils repassent par la page d'accueil. J'appelle ce mode de navigation "contextuel", par rapport à la navigation structurelle qui privilégie les menus fixes présents en permanence sur toutes les pages.

La navigation "vers l'avant", c'est à dire progressant vers l'information ou la fonctionalité recherchée, se fait presque exclusivement par le biais des liens situés dans les zones de contenu: soit regroupés au début ou à la fin de la page lue, soit lorsque ce contenu est constitué d'un sommaire de liens. L'internaute utilise rarement les "barres de menus" permanentes depuis les pages intérieures d'un site. Jared spool montre dans son livre que l'internaute se désintéresse presque complètement des menus permanents lorsqu'ils sont latéraux au texte, et un peu moins lorsqu'ils se présentent sous la forme d'un bandeau supérieur. Il faut donc soigner les liens directement en rapport avec le contenu sur chaque page si on veut maintenir l'intérêt du spectateur pour un site.

Enfin, sachez que si l'utilisateur n'est plus gêné par les pages d'accueil contenant de nombreux liens, il n'en va pas de même si une page intérieure propose trop de liens sans rapport avec son contenu principal. En matière de navigation intérieure, le "plus" semble être l'ennemi du bien. Mon explication est que les liens sont l'aide essentielle de l'internaute pour atteindre l'objectif qu'il s'est fixé en visitant vos pages, et que toute proposition de digression est perçue comme du "bruit de fond", comme une perturbation parasite.

Quant à la navigation en arrière, elle passe le plus souvent par l'utilisation du bouton "retour" du navigateur. Lorsque le visiteur perd la "piste" de l'information, son premier réflexe est de revenir en arrière pour voir si un lien ne lui a pas échappé. Et quand il perd trop souvent cette piste... Il va voir ailleurs. Il en résulte que rien ne doit être fait qui désactive le bouton "retour" du navigateur, comme l'ouverture de nouvelles fenêtres, qui se révèle extrêmement perturbante pour l'utilisateur surtout s'il surfe en mode "plein écran". Pire, les pages "auto-rafraîchissantes" (par l'usage de la balise méta "refresh" à effet instantané) laissent souvent les utilisateurs moyens perplexes et provoquent souvent un départ anticipé du site, de nombreux visiteurs ignorant le moyen de "passer par dessus" la page incriminée.


 2. navigation ou moteur de recherche ?

Ici se situe un très intéressant paradoxe: j'ai constaté que 1/3 des utilisateurs se précipitaient sur le moteur de recherche d'un site pou y trouver une information (dans son livre, J.Nielsen, qui a observé bien plus d'internautes que moi, parle de 50%), 1/3 utilisent alternativement moteur de recherche et navigation (nielsen: 35%) et 1/3 utilisent presque exclusivement la navigation (nielsen:15%).

Pourtant, Selon Jared Spool, l'usage d'un moteur de recherche conduit à un taux de succès moyen dans les recherches d'information de seulement 30%, contre 53% par la navigation !! Il en déduit, très directement, que les moteurs de recherche "craignent" ("on-site search stinks...").

Je serai moins affirmatif: l'internaute ne sait pas que les statistiques plaident en défaveur du moteur de recherche, et s'il souhaite en utiliser un, il faut le lui donner, à condition qu'il soit performant, c'est à dire qu'il fournisse peu de résultats par requête, mais très pertinents. En revanche, il vaut mieux ne pas offrir de moteur de recherche "à l'économie" sur son site, tel l'infâme "index server" très répandu car fourni en standard avec "Internet Information Server", le serveur de Microsoft.

En tout état de cause, un bon moteur ne dispense pas d'apporter tout le soin nécessaire à la navigation dans le site...

3. l'utilisateur recherche d'abord les liens dans le texte !

A son arrivée sur un nouveau site, c'est d'abord sur le texte que l'utilisateur se polarise (sauf sites bien particuliers visant un public adulte exclusivement ;-). Ainsi, les liens textuels sont presque systématiquement privilégiés sur l'iconographie. Des études "eye-track"(suivant le déplacement des pupilles) récentes ont corroboré ce fait: l'utilisateur a une tendance naturelle à ignorer les graphismes (surtout lorsqu'ils sont animés) et à rechercher en priorité le texte. Cette tendance est également valable pour le public jeune, contrairement aux idées reçues sur les jeunes et la "civilisation de l'image". Par conséquent, privilégier une navigation textuelle améliorera l'"utilisabilité" de votre site.

4. "comment savoir si la navigation de mon site marche ?"

Un seul moyen: testez votre site ! Il n'est pas nécessaire de tester un site (ou une maquette étendue) sur plus de 5 ou 6 utilisateurs, mais seule l'observation de vrais utilisateurs (extérieurs à votre société) peut vous renseigner sur les problèmes qu'ils rencontrent: zones peu visibles, liens peu clairs, moteur de recherche inadapté...

De nombreux prestataires créateurs de sites n'osent pas inclure de test-utilisateur dans leurs processus de travail, de peur que cela induise dans l'esprit de leur maître d'ouvrage un doute sur leur compétence. Mais il faut savoir que même en respectant les règles les plus rigoureuses, chaque site engendre ses problèmes d'utilisation, imprévisibles parce que l'on ne peut jamais penser à tout, et parce que les concepteurs de sites n'en sont jamais les utilisateurs "moyens"...

5. conclusions :

de tout ce qui précède, retenez que:

  1. mieux vaut privilégier les liens en rapport avec chaque page et situés dans les zones de contenus, par rapport aux grandes barres de menus permanents.
  2. mieux vaut peu de liens utiles que beaucoup de liens généraux sur une page.
  3. ne faites rien qui anihile le bouton "retour" du navigateur.
  4. proposez un moteur interne uniquement si son niveau de pertinence est jugé bon par des tests.
  5. privilégiez les liens textuels sur les liens icônographiques.

testez l'application de ces règles sur votre site, ne vous en tenez pas à la mise en oeuvre de conseils généraux sans vérifier qu'ils fonctionnent effectivement dans votre cas particulier.


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