Comment devient-on paléontologue ?

Comment devient-on paléontologue
Comment devient-on paléontologue

Le long passé de la Terre a vu se succéder une quantité phénoménale d’animaux et de plantes fossiles et des mondes parfois très différents du notre. Près d’un million d’espèces fossiles ont été décrites au cours des deux derniers siècles et on estime qu’il en a vécu au moins 100 fois plus – qui restent à découvrir!

Mais, soyons rassurés, la tâche du paléontologue n’est pas de combler cette lacune et de décrire un nombre maximum de fossiles nouveaux. Aujourd’hui, s’ils apportent encore leur contribution au catalogue des espèces fossiles, les paléontologues s’intéressent plutôt à comprendre la biologie, les modes de vie et les modalités de l’évolution des organismes anciens, à reconstituer leurs écosystèmes, à mettre en évidence et expliquer les évènements biologiques qui ont parsemé l’histoire de la planète et à préciser la distribution temporelle et paléogéographique des fossiles.

La connaissance de l’âge des roches est nécessaire pour la réalisation des cartes géologiques et pour bon nombre d’études du sous-sol et explique pourquoi la plupart des paléontologues sont spécialisés dans ce domaine.

L’étude des fossiles est également fondamentale pour établir les cartes paléogéographiques et paléoclimatiques. Pour accomplir ces missions, le paléontologue doit par conséquent être à même d’interpréter les roches qui renferment les fossiles car celles-ci portent en elles une grande part des informations qui permettent de déduire les conditions écologiques des environnements anciens, ou tout au moins de comprendre la démarche scientifique qui permet cette interprétation.

En Wallonie, la diversité des dépôts marins et leur richesse en fossiles font que beaucoup de paléontologues belges – et aussi étrangers- consacrent plus spécialement leurs travaux à ceux-ci. Mais les frontières n’existant pas dans les époques anciennes, presque tous étendent leurs recherches aux quatre coins du monde. Ces dernières années, si on pouvait rencontrer quelques paléontologues belges chassant les dinosaures et les mammifères primitifs en Mongolie, d’autres étaient à la recherche d’animaux marins ou de plantes de différentes époques, en Chine, en Australie, en Amérique du Nord, au Brésil, en Afrique et bien entendu, pour les plus casanier, dans le reste de l’Europe.

Tronc fossile (Stéphanien, Graissessac, France)

Il n’est pas possible d’établir la liste des thèmes traités car ils sont très divers et plus nombreux que les paléontologues eux mêmes. En effet, ceux-ci travaillent souvent sur plusieurs sujets à la fois. Tous ont cependant leur spécialité car le monde des fossiles est devenu trop vaste pour être couvert par un seul chercheur.

Les recherches en paléontologie sont fondées non seulement sur les fossiles mais également sur leur contexte géologique et sur les disciplines qui s’y rapportent. C’est pourquoi la majorité des paléontologues ont accompli des études de géologie, au terme desquelles ils ont choisi une spécialisation en paléontologie. Mais on peut aussi le devenir en réalisant une licence en biologie, le statut de paléontologue n’étant vraiment reconnu par la communauté scientifique qu’au terme de la réalisation d’une thèse de doctorat dans le domaine

Les jeunes qui se sentent attirés par le métier de paléontologue sont peu nombreux d’autant plus que les sciences qui ne conduisent pas à des retombées financières immédiates auprès des investisseurs – et la paléontologie en fait partie – tendent de plus en plus à être délaissées par les pouvoirs publics. Et les jeunes chercheurs potentiels croient souvent qu’ils n’y trouveront aucun avenir. Le principal débouché est en effet celui de la recherche, au sein d’un laboratoire universitaire, d’une institution à caractère public ou, moins fréquemment, des laboratoires des sociétés pétrolières. Mais, le nombre de paléontologues est loin d’être pléthorique, ce qui constitue un avantage lors de la recherche d’un emploi. Par ailleurs, les paléontologues, de par leur formation, possèdent de toute manière d’autres atouts qu’ils peuvent utiliser en cas de difficulté à trouver une situation dans le domaine. Pour les chercheurs de l’unité, l’environnement, entendu au sens de “milieu physique” mais surtout “d’environnement social et humanisé” est un concept fort, apte à déboucher sur l’opérationnel.

Par ailleurs, l’UMR est fortement impliquée dans les pays dits “du Sud” ou “en développement”. L’approche géographique des chercheurs travaillant dans ces pays, qui privilégie la dimension territoriale des processus de développement, cherche à embrasser les multiples interactions entre les sociétés et leur espace dans une approche globale des dynamiques socio-spatiales. Dans ce contexte, la réflexion sur la gestion des espaces et des ressources ouvre de nouvelles perspectives avec la notion de “développement durable” qui s’est progressivement imposée tant dans les pays du Nord que du Sud. Conformément à cette philosophie générale, la recherche au sein de l’UMR s’organise autour de quatre thèmes qui se répondent. En outre, l’ensemble des programmes s’articule sur des “pôles de compétence”, qui fournissent un apport méthodologique important tout en développant des actions de recherche spécifiques.

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